Primature : Et si Choguel Maïga avait raté le coche ?

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Malade ou pas malade ? En traitement au Mali ou à l’extérieur ? L’état de santé du Premier ministre Choguel Maiga ne préoccupe pas seulement, elle défraie la chronique et continue de cristalliser les questionnements. Admis dans une clinique de la place pour des motifs encore peu connus, sa longue absence à la Primature est intervenue en même que les rumeurs de son départ battaient leur plein. Elle a été longtemps justifiée par un repos médical forcé, avant que la désignation d’un chef de Gouvernement intérimaire ne lui confère l’apparence d’une subtile manœuvre de mise à l’écart. Ce n’est toutefois pas encore la fumée blanche quant à son remplacement tant attendue et visiblement souhaitée par beaucoup de détracteurs. L’accélération des événements et démarches évoluent toutefois dans le sens d’une confirmation de son remplaçant, lequel n’est autre que l’un de ses adversaires jurés sur les options de retour à l’ordre constitutionnel. Tandis que le Premier ministre plaidait pour l’organisation des élections par un schéma porteur de rallonge pour la Transition, le Ministre de l’Administration Territoriale militait pour une option plus simplifiée et un processus électoral adapté aux contraintes temporelles de la Transition et dévolu aux mécanismes traditionnels d’organisation. Mais, en dépit de ratisser large dans les rangs de la classe politique la plus représentative, l’option de l’actuel PM intérimaire sera étrangement délaissée au profit d’un organe unique indépendant de gestion des élections. La partie sera néanmoins perdue par le chef du Gouvernement à l’issue du processus de mise en place de cet organe en question, marqué par un bras de fer inouï entre ses hommes de main et les membres du CNT. En cause, les modifications substantielles apportées au texte initial que les législateurs ont insidieusement défigurés en amputant l’AIGE (Autorité Indépendante de Gestion des Élections) de la plupart de ses attributs et prérogatives initiaux au profit du département traditionnellement charger du processus électoral. Le désaveu infligé par le CNT n’est toutefois qu’un arrière-goût beaucoup moins amer que la posture affichée par le président de la Transition dans l’arbitrage du différend entre le Premier ministre de «Rectification» et l’organe législatif. Une promulgation de la loi électorale, sous sa forme litigieuse, était ainsi le calice de désaveu que Choguel Maiga devait boire jusqu’à la lie, mais également le chemin que tous percevaient comme la voie dérobée la mieux indiquée pour un retrait plus glorieux de la Primature. Une perception du reste partagé par le PM lui-même, quoiqu’il ait trouvé des arguments pour se soustraire au devoir de se démettre pour sauver la dignité de la fonction de chef de Gouvernement visiblement entamée par une telle déconvenue. Ce faisant, Choguel Maiga aura peut-être raté une occasion vraisemblablement irremplaçable d’entrer un peu plus dans l’histoire pour n’avoir pu s’éviter de passer par les fourches caudines au point d’annihiler ses auras les plus précieuses. Et pour cause, entre la porte de sortie qu’il pouvait choisir et celle qui semble lui être imposée, le PM sera définitivement passé par le second si l’occasion ne lui était plus donnée de reprendre la relève d’un intérim apparemment parti pour s’installer dans la durée.

A KEÏTA

Source : Le Temoin

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