Issa Chaos Djim, président de l’ACRT : « si, proroger le délai de la transition nous permettra de stabiliser le pays avant d’aller aux élections, pourquoi pas ? »

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Dans cet entretien qu’il nous accordé, le week-end dernier, à son domicile, Issa Kaou Djim est revenu sur l’actualité brulante de l’heure. Notamment, le Programme d’Action Gouvernemental (PAG) de Dr Choguel Maïga, l’insécurité, l’Accord d’Alger, la prorogation ou non de la Transition… Entretien. Sans concession.

Bonjour Issa Kaou Djim. Comment devons-nous vous appeler ? Honorable ou Mr le président ?

Appelez-moi Mr le président. Je suis président d’un Mouvement politique, qui vient de se muer en parti politique. Je récuse le titre d’honorable, car je ne suis pas un député élu. Même si, je joue le rôle d’un députe au sein du CNT.

Vous êtes, aussi, le 4e vice-président du CNT.

C’est vrai, donc vous pouvez m’appeler Mr le président, comme Mr le vice-président.

Apparemment, vous adorez les titres ronflants.

Eh oui ! Comme vous le constatez, l’ancien vendeur de percale et de « déguè » au grand marché de Bamako a percé. Je dirais même que j’ai « déchiré », comme disent les « y-voit-rien ».

Nombre de Maliens se moquent de vous, en évoquant cette période de votre vie. En avez-vous honte aujourd’hui ?

Pas du tout ! Mais ce que ces gens-là ignorent, c’est que je fais mon gombo sur leur dos. Puisque, ce sont leurs impôts qui me sont versés, chaque fin de mois.

Mr le vice-président du CNT, que pensez-vous du PAG du Premier ministre Dr Choguel Maïga ?

C’est un très bon programme, qui cadre, parfaitement, avec le contexte actuel. A condition, bien entendu, qu’on lui donne le temps et les moyens pour le conduire à bon port. Son programme, j’en suis convaincu, peut sortir notre pays de cette crise, qui n’a que trop duré.

S’agissant, particulièrement, du temps pour mettre ce programme en œuvre, certains leaders politiques se disent intraitables sur le délai imparti à la transition. Qu’en pensez-vous ?

Je ne suis pas d’accord avec ces leaders politiques, qui se déclarent opposés à la prorogation du délai de la transition. En réalité, ces gens-là ne se soucient, aucunement, de la situation sociopolitique du pays. Ce qui compte pour eux, c’est d’aller, rapidement, aux élections. En vue de s’allier au candidat en tête, afin d’occuper un poste ministériel.

Avez-vous un message aux Maliens dans ce sens ?

Je demande aux Maliens de ne pas suivre ces leaders politiques pressés d’aller aux élections. Car, ils se soucient du pays comme de leur première culotte.
Si, proroger le délai la transition nous permettra de stabiliser le pays avant d’aller aux élections, pourquoi pas ?

Et la communauté internationale dans tout ça ? Que lui direz-vous ?

Le Mali appartient, d’abord, aux Maliens. Avant de faire partie de cette fameuse communauté internationale. C’est aux Maliens de choisir ce qu’ils croient bon pour leur pays. Pas la communauté dite internationale, qui a pris la responsabilité historique de prendre parti pour les « ennemis » de notre pays qu’elle a armés et soutenus. Financièrement.

Etes-vous pour l’application intégrale de l’Accord d’Alger ou sa relecture, avant son application ?

Comme 98 % des Maliens, je suis pour la relecture de l’Accord d’Alger, avant son application. Aucun Malien, digne de ce nom ne peut accepter son application, tel qu’il est. Aucun ! Et ce n’est pas un hasard si, six ans après sa signature, il peine à être appliquer, malgré la pression de la communauté internationale.

Et l’imam Dicko, avez-vous de ses nouvelles ?

Depuis qu’il m’a refoulé de chez lui, je n’y ai plus remis les pieds.

Mais, c’est votre beau-père, non ?

Et alors ? Je reste chez moi, avec sa fille qui continue de me soutenir dans cette guéguerre que mon ex-mentor continue de me livrer.

Qu’est- ce qui vous oppose à l’imam Dicko ?

Le Mollah, c’est juste une affaire de gombo.

C’est à dire ?

Comprenne, qui pourra !

Propos recueillis par Le Mollah Omar /Canarddechaine.com

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