Dr Choguel Maïga, premier ministre : « le président de la transition a dit à macron tout haut ce que les maliens pensent tout bas »

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Celui que les présidents français et « y-voit-rien » se plaisent à appeler le « petit soldat malien » est perçu, par ses concitoyens, comme un « grand soldat ». Du moins, depuis le sommet du G5-Sahel, tenu par visioconférence, au cours duquel le colonel Assimi Goïta a regardé Macron, les yeux dans les yeux, avant de lui dire tout haut, ce que les Maliens pensent tout bas.
Dans cette interview, imaginaire ou presque, le chef du gouvernement revient sur la déclaration du président de la Transition. Qui a fait rougir son homologue gaulois de colère. C’était le week-end dernier, à son bureau où il nous a reçus, les bras ouverts. Entretien.

Bonjour, Mr le Premier ministre.

Bonjour Le Mollah, ravi de vous recevoir, une fois de plus, à la Primature.

Selon des informations, relayées par les réseaux sociaux, SEM Assimi Goïta aurait, au cours du sommet du G5-Sahel, tenu la semaine dernière par visioconférence, demandé à la France une relecture du traité de coopération militaire, liant la France et le Mali. Qu’en pensez-vous ?

S’il l’a dit, ce n’est pas nouveau en tout cas dans notre pays. Ce n’est plus un secret, après huit ans de présence militaire française sur notre sol, les attaques terroristes n’ont pas baissé. Bien au contraire. Elles se sont métastasées dans tout le pays, comme un cancer. Alors, à quoi sert cette coopération militaire, si le remède est pire que le mal.

C’est, d’ailleurs, pour cela que l’écrasante majorité de nos concitoyens souhaitent que cette coopération militaire avec la France soit, purement et simplement, annulée…

Plus grave encore, au lieu de reconnaître l’échec de Barkhane dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, la France accuse les pays du Sahel, particulièrement le Mali, de n’avoir rien fait pour vaincre les terroristes. Comme si, ce ne sont pas des Maliens, qui meurent, jour et nuit, dans ces attaques terroristes.

Donc, si le président de la Transition a raison de réclamer la relecture du traité de la coopération militaire, qui n’a servi, visiblement, à rien. Ou presque.

C’est bien ça ! Et tout le peuple malien le soutient dans cette voie. Car, il a dit tout à Macron, ce que les Maliens pensent tout bas.

Le chef de la diplomatie malienne a, vivement, protesté contre les critiques du nouveau président nigérien contre la junte militaire malienne, qu’il ne semble pas porter dans son cœur.

Elu, hier, seulement, et dans les conditions que l’on sait, il se prend, déjà, comme l’avocat défenseur de la France au Sahel. S’il continue ainsi, il aura un jour en face de lui ses propres concitoyens. Qui n’en pensent pas moins de la France.

La déclaration de son S.E.M Assimi Goïta semble avoir dressé les cheveux sur la tête des préfets et sous-préfets français parachutés à la tête de certains Etats du Sahel par nos « ancêtres les Gaulois ».

C’est normal ! Même Macron, qui ne s’attendait pas à une telle audace de la part du Chef de l’Etat malien, était devenu rouge de colère.

Ah bon, pourquoi ?

Parce qu’aucun de ses prédécesseurs n’a eu le courage de lui dire la vérité, les yeux dans les yeux. Ni IBK, encore moins, Bah N’Daw, qui a signé cette coopération militaire avec la France en 2014, en tant que ministre de la Défense d’IBK.

Est-ce pour cela que Mohamed Bazoum s’est livré à des critiques acerbes envers les militaires maliens.

Ceci pourrait bien expliquer cela. Il se voulait plus royaliste que le roi, plus Macron que Macron. C’est pour cela, d’ailleurs, que nous avons protesté contre son geste, qui n’honore ni le Niger, ni son peuple.

Mr le Premier ministre, où en est-on avec l’organe unique chargé de gérer les élections.

Tout est en train d’être mis en œuvre pour qu’il soit en place dans les jours à venir. Pour ce faire, nous travaillons jour et nuit.

Pourquoi certains leaders politiques ne veulent pas que cet organe soit mis en place, avant la fin de la Transition ?

Parce que ce qui les intéresse, ce n’est pas tant cet organe chargé de bien organiser les élections à venir. Ces leaders politiques sont pressés d’aller aux élections pour occuper des postes de ministres. Et jouir des privilèges liés à ces postes. C’est tout ce qui les intéresse. Tout le reste n’est que littérature, fadaises et loufoques.

Propos recueillis par Le Mollah Omar /Canarddechaine.com

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