Viol collectif des filles à Goundam : où en sommes-nous, quatre mois après ?

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Des hommes armés non identifiés ont fait irruption le dimanche soir, 16 avril dernier dans le village d’Alphaou Taraba dans la commune rurale de Télé (cercle de Goundam, région de Tombouctou) et auraient violé une dizaine de jeunes filles et dépouillés les garçons de tous leurs biens utiles ou utilisables. Une semaine après, la situation turlupine toujours les habitants dudit village qui se trouvent entre la menace quotidienne des hommes armés et avec des larmes de désespoir «trop c’est trop.»

En avril dernier, plus d’une dizaine de filles dans le village d’Alphaou Taraba, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la ville de Goundam, ont été victimes d’un viol collectif. Malgré l’insécurité sévissant dans la zone,  nous nous sommes rendus dans ce village pour nous enquérir d’avantages de la situation. Un long trajet zigzagué avec ses sables mouvants et ses petits labyrinthes sur de nombreuses pistes difficiles à suivre, nous dépassions Bougoumaira et Hangabera où le poste de contrôle d’un des groupes armés au fanion blanc avec des écriteaux illisibles réclame leur dû aux transporteurs, sans le moindre détail qu’un signal de passage par gesticulation.
Et nous voilà dans le Télé profond où cultivateurs et éleveurs s’escriment à leurs tâches comme d’ordinaire. Suivant notre trajet ce jour de foire, la fluidité n’est pas au rendez-vous car le crépitement des armes lourdes à l’oreille du village d’accueil se fait entendre. Arrivés au dit village, des travailleurs de banco nous observaient de loin, les rues sont désertes et la majorité des maisons fermée.
 «Les femmes et les enfants sont partis à la recherche d’eau dans la rivière, les hommes au champ, d’autres au pâturage. Nous n’avons pas de pompe, ni de puits, on se sert de l’eau de la rivière qui est souvent imbuvable mais on n’a pas le choix», dit  un habitant du village à notre accueil. Ici pas de motos, les quelques traces de véhicules ou de motos sont très généralement celles des groupes armés qui pullulent dans la zone. Il est très difficile de voir quelqu’un venir à moto et repartir avec, nous a dit-il.
La peur, l’inquiétude et la désolation se lisaient sur les rares visages rencontrés. Et pour cause, l’insécurité notoire qui sévit dans la zone dont ils ne sont pas épargnés. Depuis la crise politico-sécuritaire qu’a connue le Mali, ce village, comme tant d’autres, est en proie au braquage, viol et meurtre perpétré par des hommes armés qui demeurent toujours non identifiés.
Ainsi, après avoir dépouillé les habitants de ce village de leurs motos ou autres biens matériels, les maitres des lieux s’en prennent maintenant à la gent féminine. Du coup, ils auraient profité d’une soirée d’adieu, dimanche soir, 16 avril dernier, organisée par un jeune en instance de voyage pour jeter l’opprobre sur une dizaine de jeunes filles venues dire adieu à leur frère comme à l’accoutumée dans la tradition locale. Selon un témoin oculaire dont nous nous taisons le nom, les assaillants étaient venus à bord d’un seul véhicule et une moto et se mettaient à faire des tirs de sommation.
«Un de nos enfants devrait voyager. Pour cela, il a organisé une soirée d’adieu à l’intention de ses camarades filles et garçons. Ils étaient en pleine ambiance nocturne à travers des repas lorsque, à leur insu, cinq tirs de sommation à l’air les font disperser. Certains se sont enfermés dans une maison. Constatant la dure fermeture de la porte, les assaillants l’ont défoncée par un tir à balle réelle. Heureusement, ils étaient épargnés de ce coup. Ainsi, ils ont procédé au dépouillement de leurs biens téléphones, sous et même leurs jolis vêtements», a affirmé notre interlocuteur dont une de ses filles a fait les frais. «Ils ont attendu le regroupement des jeunes gens pour s’en prendre à eux. Ils ont sauté les murs et ont postés à l’entrée  chacune de leur sentinelle. Ils ont évacué tous les garçons ligotés tout nus et prennent les filles deux à deux. La plus petite d’entre elles est gravement blessé à tel point qu’elle n’avait pas pu se relever», a rajouté un autre témoin de cette scène barbare. Selon lui, tout s’était passé dans la maison.
A en croire nos interlocuteurs, aussitôt informées, une équipe médicale venue de la commune urbaine de Goundam y était faire les premiers soins aux victimes. Et de poursuivre que des hommes armés étaient également venus leur remettre les matériels dépouillés.
«Le lendemain matin, d’autres hommes armés étaient venus, nous dire qu’ils vont mener des enquêtes. Et c’est là qu’ils ont emporté quatre (4) pantalons de jeunes, quelques téléphones mais le reste des matériels demeurent introuvables avec les 8000 FCFA des jeunes. Ils nous ont présentés leurs excuses mais difficile d’identifier les assaillants», a-t-il indiqué.
Parmi les dix filles victimes, une fillette de douze (12 ans) dont nous tairons le nom. Teint clair avec une coiffure à la mode villageoise et d’une attitude timide, nous l’avons rencontrée chez elle.
La frustration et la désolation sur le visage avec des larmes fines. Sous le coup de l’émotion, elle n’a pas pu s’exprimer. Sa maman se sentait coupable et s’indigne de voir sa fille perdre  son honneur.
En tout cas, cet acte horrible laisse encore deviner de la monstruosité et le caractère inhumain dont sont capables ces hommes armés impitoyables.
Où se plaindre ? Contre qui porter plainte et chez qui ? Ici, les villageois sont réfractaires car craignent fortement des représailles. Au moment où nous quittions, des crépitements d’armes retentissaient de loin. Et selon nos sources, ce serait entre les groupes armés.
A titre de rappel, ce village est à la troisième attaque des hommes armés qui, ces derniers temps, sont de plus en plus fréquents.

 
Bangou

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