Université: l’arrestation de Nelly, un étudiant «violent», crée l’émeute

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Il a une certaine popularité. Il est aussi jugé comme un prétendant sérieux au poste du secrétaire général du comité AEEM de la Faculté de droit public. Mais, le passé violent de Nelly Guindo l’a rattrapé, jeudi dernier. Son arrestation par le Camp I de la gendarmerie, suite à une ancienne plainte, a viré au règlement de comptes entre étudiants.

Pour le poste de secrétaire général du comité AEEM de la Faculté de droit  public, cette année, deux camps s’affrontent. Celui d’Ousmane Maïga, alias Colonel, est opposé à celui de Nelly, soutenu par le secrétaire général sortant, connu sous le surnom de Guillaume Soro. En deux semaines de cours, deux suspensions ont, déjà, été observées. A l’origine, les rivalités causées par le renouvellement des structures de bases de l’Association des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM).
N’eut été l’intervention énergique et périlleuse du Dr Touré, chef du Département d’Etudes et Recherches 1er Cycle, jeudi dernier, l’Université de Bamako aurait ajouté un autre nom à sa funeste liste d’étudiants sauvagement tués. Ce jour là, les gendarmes, lourdement armés, atterrissent à la Faculté  de Droit public. Ils se dirigent vers Nelly, recherché depuis près deux ans, suite à une bagarre violente entre fraction AEEM, il aurait, à l’occasion, coupé en deux, avec une machette, la main d’un autre étudiant. A la vue des gendarmes, Nelly se rue vers le décanat. Il est pris par les gendarmes à l’entrée du bâtiment. Dans le décanat, chacun, se terre dans son bureau.
L’arrestation de Nelly vire au règlement de comptes entre étudiants. Les sifflets retentissent. Les cours sont suspendus. Armés de bâtons, la chasse à l’homme commence. C’est la panique: les enseignants rejoignent la salle des profs tandis que des étudiants courent chercher leur moto. On aurait cru que chacun était programmé pour agir, suite à cette arrestation. C’est au bord du goudron, devant le ministère de la Jeunesse, qu’un étudiant (nous ne savons pas de quel camp il est) se fait tabasser à coups de bâton. Devant les gardes en faction. Il sera sauvé par Dr Touré. Ce dernier, qui avait arrêté le bâton dans son envol, faisait, encore, masser son pouce quand nous quittions les lieux.
Le lendemain, le Doyen de la faculté, Pr. Bakary Camara nous a informés de la reprise normale des cours. «Nous ne pouvons plus tolérer ces genres d’agissement en milieu universitaire. Tous les étudiants violents seront coffrés», a-t-il indiqué. Par ailleurs, le professeur Camara a déploré l’intervention de la gendarmerie dans son établissement sans en être, préalablement, informé.
Rappelons que la semaine dernière, le Secrétaire général de l’AEEM, Abdoul Salam Togola avait annoncé la création d’une commission de sécurité dans les universités, suite à l’assassinat, une semaine plus tôt, d’un étudiant à l’arme blanche. Les enseignants avaient interrompu les cours jusqu’à l’adoption de cette mesure. Mais le chien peut-il changer sa manière de s’assoir?

Mamadou TOGOLA