Travail des enfants à Bamako: Fatoumata, 11 ans, chef de famille !

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La précarité de leur famille leur impose une destinée. Fatoumata, fille d’un aveugle et d’une mère amputée du pied,  s’est vue contraint d’abandonner l’école pour se livrer à des petits travaux, afin de subvenir aux besoins de la famille.

Pieds nus, la tête recouverte par un foulard rouge, le visage triste, Fatoumata a, entre les mains, un récipient rempli de sachets d’eau. Près du marché de Konatébougou en commune I du district de Bamako, la vendeuse d’eau court derrière les voitures et les motos en criant : «Dji béi !» (Y’a de l’eau, en bambara). Habillée d’une robe qui semblait autrefois blanche, Fatoumata ne semble pas se réjouir de ce qu’elle fait. Alors après avoir acheté un sachet d’eau, nous avons voulu savoir pourquoi elle fait ce travail qui ne lui plaît pas.

«J’ai abandonné l’école pour aider mes parents handicapés », commence Fatoumata, après un court moment d’hésitation. «Nous sommes six enfants et c’est moi la plus âgée. Alors je vends de l’eau et quand je gagne de l’argent je donne  à mon père », indique-t-elle. Et de conclure: «je partais à l’école mais c’est en 4e année que j’ai quitté l’école. Mes parents n’avaient plus d’argent pour payer l’école et les cahiers».

Le travail des enfants est une réalité au Mali. Le cas de la petite Fatoumata en est une parfaite illustration. Leur sort ne semble pas préoccuper les autorités. Pourtant, le Mali a signé et ratifié tous les instruments juridiques internationaux sur la protection du droit des enfants, notamment la Convention internationale des droits de l’enfant.

Nanaïssa Ascofaré