Sit-in en face de l’Ambassade de France : Les manifestants dénoncent « le soutien de la France à la CMA »

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Plusieurs associations regroupées sous le vocable « On a tout compris, Waati Sera, pour Sauver le Mali » ont organisé un sit-in jeudi dernier, en face de l’ambassade de France. C’était pour dénoncer, ont-elles dit, l’ingérence de la France qui soutient la CMA au détriment du GATIA. Sur les banderoles, on lisait, entre autres : « non à la division du Mali ; non à la partialité de la France ; non à Barkhane ; soutien aux FAMAS ; non au cantonnement de l’armée ; oui à l’intégrité du Mali… »Les organisateurs du sit-in ont remis une déclaration à l’ambassadeur de France. Dans celle-ci, le Mouvement commence par rappeler la joie causée par l’intervention de la force Serval, en 2013. Elle a été de courte durée, car, a-t-il ajouté : « l’armée malienne a été interdite d’entrer sur son propre territoire. » La CMA, a déclaré le Mouvement, règne en maitre à Kidal. Il demande à la France : de rester strictement dans sa mission initiale de soutien à l’Etat et de lutte contre le Djihadisme, pour le rétablissement de la souveraineté nationale du Mali ; d’arrêter de favoriser un groupe armé au détriment des autres ; d’arrêter  immédiatement le système du cantonnement de l’armée malienne sur son propre territoire et de clarifier son agenda au Mali.

Moussa Maiga, porte parole de la CPP

moussa Maiga

 

Nous sommes venus dire à l’ambassadeur de France que nous sommes contre les actes qu’ils posent au Nord du pays. Qu’ils changent de politique ou bien que leurs soldats quittent le pays. Nous sommes venus remettre le message à l’ambassadeur, pour que les Maliens sachent que nous en avons assez, car, ils ont dépassé les limites. On ne peut plus rester à la maison et croiser les bras alors que le Mali est en train d’être divisé, car, c’est ce qu’ils cherchent. On mènera cette lutte jusqu’au bout, c’est nous qui pouvons faire ce combat, mais pas le gouvernement  et ce n’est  que le début. Nous demandons à tous des sortir et de se joindre à nous.  C’est une lutte pour le Mali,  pour la paix, ce n’est pas de la politique.

Mamedi Dramé, membre de « On a tout compris, Waati Sera, pour Sauver le Mali »

Mamedi Dramé

Tout le monde est au courant de ce qui se passe au Nord du Mali. Que les Maliens s’unissent au gouvernement pour que le Nord reste avec le Mali. On a vu que la CMA a agressé le GATIA, jusqu’à Ménaka, sans conséquence. Nous avons dit que nous ne sommes pas d’accord avec ces pratiques. Nous disons à nos frères militaires, que ce soit les FAMAS, la Plateforme ou le GATIA : nous ne voulons qu’aucun d’entre eux soit tué impunément, pour le Mali. Il faut que les gens sachent que ceux qui sont là aujourd’hui, ne sont pas venus pour nous aider, ils sont venus pour nous diviser. Si nous, Maliens, nous ne nous donnons pas la main, le pays sera divisé devant nous. Ce que les gens sont en train de dire, à savoir que ce n’est qu’une affaire de ressources du sous sol : pétrole, or,  ce n’est pas que ça. Ils ont quelque chose du nom de déchet nucléaire, c’est ce qu’ils veulent installer dans notre sous sol. Si nous ne faisons pas attention, dans dix ans, des enfants vont naître au Nord  avec quatre ou dix pieds. Quinze ou vingt ans après, cette pandémie pourrait atteindre Bamako, trente ans après, atteindre Kayes, il se pourrait que des enfants naissent avec deux ou trois têtes parce qu’ils ont laissé quelque chose dans le sous sol qui fait ses effets. Je veux que les Maliens  s’unissent à nous, ce n’est pas une affaire de Nord, de Sud, de Blanc ou de Noir, c’est l’affaire du Mali. Le gouvernement a deux piliers : son armée et son peuple. Comme nous n’avons pas de fusil, pas de couteau, pas de pierre, c’est cela notre action, pour soutenir notre gouvernement et notre armée. Nous demandons à tous les Maliens de nous soutenir.

Souleymane Ag Mohamed, membre d’associations du Nord

Souleymane Ag mohamed

Pourquoi avons-nous dit que nous avons tout compris ? Dans un conflit, si vous êtes là en tant que médiateur, vous devez jouer un rôle d’impartialité entre deux belligérants, mais nous avons constaté qu’en réalité, ce n’est pas le cas de la MINUSMA et de Barkhane au Nord du Mali. Ils ne pratiquent pas l’impartialité entre les différents mouvements au Nord du Mali. Donc, ils ont fait un parti pris, depuis qu’ils ont commencé, le 28 juillet, à désarmer un groupe armé, pour réarmer un autre groupe armé. Nous avons constaté que la Plateforme qui est là au service du peuple malien pour qu’il puisse retrouver la quiétude, la paix, n’arrange pas la MINUMA et Barkhane qui ont décidé d’aider un camp. C’est ce qui a facilité l’accès de Ménaka, à la CMA. Suite à cela, nous, jeunes patriotes sans coloration, parce qu’il y a plusieurs regroupements, qui sont là, qu’ils soient favorables au pouvoir ou non, sommes venus montrer notre indignation. Nous ne pouvons pas prendre des armes, mais nous pouvons faire une manifestation contre cette situation orchestrée par la France et son compagnon, la MINUSMA.

Nouhoum Sidibé, citoyen

Nouhoum Sidibé

Comment comprendre que de 2103 à maintenant, les autorités maliennes ne soient pas à Kidal et que la CMA qui n’était pas à Ménaka se retrouve à Ménaka ? Je pense que nous, Maliens, nous devons comprendre cela, car, c’est une affaire du Mali et laisser les histoires de oui et de non. Si on peut réclamer ses droits, c’est parce qu’on a un territoire, mais aujourd’hui, l’espace même du Mali est en cause. Vous voyez que les gens ne sont pas mobilisés et c’est décevant, mais quand il s’agit du oui ou du non, les gens se mobilisent, c’est pour des questions de pouvoir, il faut qu’on sorte de cela. Que la France aide le Mali ou qu’elle dégage, ensuite nous allons chercher d’autres partenaires pour assurer notre souveraineté sur le territoire malien. C’est tout ce que nous demandons.

Mohamed A., Réseau des Jeunes Leaders pour la Promotion de la Paix

Mohamed A.

Nous avons une déclaration que nous comptons remettre à l’ambassadeur de France au Mali pour lui dire que le Malien a tout compris. Sous prétexte qu’ils sont venus nous aider, les Français ont tout orchestré, avant leur intervention. Même  l’avancée de la France à Konna, est un film tourné par elle-même. Aujourd’hui, sa présence au Mali ne sert à rien, parce qu’elle est en train de piller les richesses du Mali, elle est en train d’organiser une guerre entre les ethnies, elle est à la base de tout. Elle manipule la MINUSMA comme elle veut, elle manipule aussi la communauté internationale. Aujourd’hui, nous sommes là pour montrer à la France que nous avons tout compris, trop c’est trop, il faudrait qu’elle arrête. Le Mali ne peut faire face à un complot international et le peuple s’est levé pour dire qu’elle n’a plus besoin de la France, car, il a compris que tout le malheur du Mali, vient de la France.

Lalla Kaida, venue d’In Kalid

Lalla Kaida

On a vu les Français tuer des soldats maliens. J’ai tout vu, c’est pourquoi, j’ai payé le billet pour venir à Bamako. Je viens  d’In Kalid, dans la région de Kidal. Je ne veux plus de la France au Mali, que les Français partent. Nos soldats ont de mauvaises armes, mais ce sont des hommes. On les tue tout le temps, mais ce sont des braves. C’est nous qui sommes là-bas et nous sommes fatigués. Qu’on ferme l’ambassade de France et qu’ils s’en aillent. Si IBK ne peut plus, qu’il s’en aille, ou qu’il nous abandonne aux rebelles, dans l’AZAWAD et qu’on meurt. Amadou Kouffa égorge nos hommes. Nous avons tout vu (elle pleure). IBK n’est pas un homme, il n’a qu’à donner le pouvoir à Aminata Maiga. Nous sommes fatigués, nous avons tous fui pour venir ici. Nous voulons que la France s’en aille.

Mme Hadeydiatou, société civile

Mme Hadeydiatou

On est là à cause de ce qui s’est passé à Ménaka. Elle est encore sous occupation. Nous en avons marre de Barkhane. Les Nations unies sont intervenues au Congo, pour quelle solution ? Les Congolais sont toujours dans la merde. Tant que ces gens seront parmi nous, on sera dans la merde. Qu’ils nous laissent entre nous, Maliens, on ne connait que la cohésion sociale, on peut vivre ensemble, de Kayes à Taoudénit. Entre nous, Maliens, il n’y a pas de problème.

 

Propos recueillis par Baba Dembélé