Quand le Premier ministre défie la Cedeao

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Alors qu’approche à grande enjambée la date butoir fixée pour le nouveau calendrier électoral, aucune démarche ne s’annonce pour l’heure du côté des hautes autorités maliennes. Elles semblent plutôt préoccupées par la tenue des Assises nationales de la refondation aux fins justement d’ouvrir la voie à cette prolongation à laquelle les instances communautaires ont mis une barrière à coups de menaces. Il est question, pour eux, de ne point excéder les dix-huit mois consignés dans la charte de Transition et de s’abstenir de toute démarche dans ce sens, au risque de se rendre passible de sanctions ciblées pour transgression des limites tracées par le dernier sommet de la Cedeao. Or la posture de Choguel Maïga n’a rien de moins qu’un défi. Certes les autorités maliennes se trouvent encore dans le délai des injonctions de présenter un calendrier des élections avant le 15 Octobre, mais il parait tout aussi évident que tous les efforts convergent vers le dessein de mettre les instances communautaires devant le fait accompli d’une option populaire différente de leurs injonctions.

 La loi d’amnistie en voie d’être attaquée

Adoptée par une écrasante majorité de membres du CNT, les lois d’amnistie pourraient se retrouver dans le creux d’une vague de contestations avant même d’être savourées par leurs bénéficiaires. Il nous revient de bonne source, en effet, qu’il se mijote une action vigoureuse contre lesdits textes, que certaines sensibilités politiques jugent injustes et en déphasage avec la lutte contre l’impunité tant prônée par les autorités de Transition. Car, au lieu d’incarner l’impartialité de cette dynamique, l’amnistie accordée aux putschistes du 18 août et étendue aux acteurs du coup de force du 24 Mai se présente plutôt comme mesure bancale tendant à distribuer la justice selon la tête du client.  L’argumentaire ne manque pas de substance, mais il reste à déterminer le mécanisme par lequel les frondeurs pourront obtenir une révocation des lois controversées. En la matière, il faudrait le dixième de l’organe législatif pour faire déclencher une procédure par la Cour constitutionnelle.

Rassemblées par la Rédaction

Source:Le Témoin

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