Quand la mafia fait main basse sur l’or du mali

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Non-application de la base légale de calcul de la patente ayant fait perdre au Trésor public plus de 7 millions CFA, minoration du chiffre d’affaires réel entre 2006 et 2014 à hauteur de 2,4 milliards CFA, modification unilatérale de la convention d’établissement avec la complicité tacite du ministre des mines, non-respect des normes environnementales, absence d’incinérateur des déchets biomédicaux, rejet des matières polluantes dans la nature….
Morila-Sa continue, à travers des méthodes dignes de la mafia sicilienne, de se taper, chaque année, des dizaines, voire des centaines de milliards de nos francs avec l’or du Mali, en réservant à l’Etat malien la portion congrue. Du moins, si l’on en croit le rapport du Vérificateur général.

La Mine d’or de Morila est une mine à ciel ouvert, exploitée par Morila-Sa, une société de droit malien. Elle appartient à trois actionnaires : Rangolg-ressources Ltd avec 40 % des actions ; Anglogold Ashanti avec 40 % et l’Etat malien avec 20 % des actions. La convection d’établissement a été signée le 28 avril 1992. Le décret n°99-217/PM-RM du 4 août 1999 accorde à Morila-Sa un permis d’exploitation couvrant un périmètre de 199, 8 km2 dans le cercle de Bougouni. Périmètre censé abriter des gisements d’or, d’argent, de substances connexes et platinoïdes. Sa durée de validité est de 30 ans à compter de sa date de signature.Selon le rapport du Vérificateur général, Morila-Sa a, de sa création à fin 2014, produit 201 tonnes d’or. Au même moment, indique le rapport du Vérificateur général, la production totale d’or brut des autres sociétés minières est de 482,3 tonnes d’or, dont 125,2 tonnes pour Morila-Sa. Soit, l’équivalent de 25,9 %. Au cours de cette période, Morila-Sa a contribué à l’économie nationale à hauteur de 946 milliards CFA, dont 711 milliards CFA de dividendes versées aux actionnaires. Dont 142 milliards CFA payés à l’Etat malien.La production de la mine à sa fermeture, prévue pour fin 2017, est de 10,3 tonnes d’or.

Un vol à ciel ouvert

Comme toutes les mines industrielles, au Mali, celle de Morila doit répondre à des exigences conformes à la législation en vigueur. Mais le rapport du Vérificateur général prouve qu’à Morila-Sa ce n’est pas le cas.Modifiées, irrégulièrement, par le ministre des Mines, des dispositions de la convention d’établissement de Morila-Sa accorde des avantages financiers indus, ayant entrainé une minoration du chiffre d’affaires réel de la société. Ainsi, de 2006 à 2014, le chiffres d’affaires de Morila-Sa a été minoré de 2,46 milliards CFA. Minoration ayant occasionné des pertes en recettes sur la contribution pour prestation de services pour un montant de 73,7 millions CFA.
Ce n’est pas tout. Loin s’en faut.
Toujours selon le rapport du Vérificateur général, le directeur général de Morila-Sa n’applique pas la base légale de calcul de la patente.
Le montant total dû au Trésor s’élève à 7,4 millions CFA. Sur ce montant, ajoute le Vérificateur général, 5,7 millions CFA tombent dans la prescription. A cette hémorragie financière s’ajoutent les dégâts environnementaux. Dont les premières victimes sont les populations installées sur le site. Ou aux abords. Morila-Sa avait, dans la convention d’établissement, promis de reboiser 1085 ha. Sur cette superficie, seuls 103 ha ont été réhabilités. « Morila-Sa n’a pas de dispositifs d’enregistrement et de surveillance des rejets polluants. Elle n’a pas mis en place, notamment, au niveau de la centrale thermique, un système de contrôle de ses rejets polluants. Aussi, aucune information n’est communiquée aux autorités compétentes concernant ces rejets. En l’absence d’un tel dispositif, les concentrations de particules émises dans l’atmosphère peuvent affecter, dangereusement, la santé de la population et des animaux », précise le rapport. Avant de conclure : « Morila-Sa n’a pas d’incinérateur de déchets biomédicaux conforme. Contrairement à la réglementation en vigueur, les incinérateurs utilisés par Morila-Sa ne permettent pas d’assurer une combustion complète des déchets.
En effet, ils sont de fabrication artisanale et ne peuvent pas atteindre les températures exigées pour le traitement approprié de ces types de déchets. De plus, la fermeture de la fosse de confinement en cours d’utilisation n’est pas étanche, ce qui expose à des risques de contamination de l’air ».Comme on le voit, Morila-Sa se tape des dizaines, voire des centaines de milliards CFA sur le dos de l’Etat malien, en exposant la vie des populations riveraines à toutes sortes sortes de maladies.
Sans que les autorités maliennes daignent lever le petit doigt pour y mettre le holà.
Pauvres de nous !

Oumar Babi / Canarddechaine.com

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