Processus de paix au Mali : Et si le « Petit monsieur » avait raison !

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +
Want create site? Find Free WordPress Themes and plugins.

Tirer les enseignements de l’affaiblissement de l’Etat en organisant des concertations inter-maliennes en vue d’une appropriation nationale de l’Accord d’Alger, en élaborant une politique de sécurisation et de stabilisation du territoire, une politique de reconstruction d’une nouvelle armée nationale, professionnelle et républicaine, refonder les institutions de la République, telles étaient quelques-unes des propositions formulées par Tiébilé Dramé et son parti, le PARENA à l’occasion des deux ans de gouvernance du président IBK.

Sept mois après sa prise de fonction à la tête de la magistrature suprême, celui que le Président IBK a qualifié de « Petit monsieur », en octobre 2015, attirait l’attention de l’opinion nationale et internationale sur le fait que la nouvelle gouvernance portait atteinte à la morale publique et que la panne du processus politique constituait une menace pour la stabilisation des régions du nord et pour l’unité et la cohésion nationales.

Quelques jours avant la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, « le Petit monsieur » formulait, dans un mémorandum en date du 27 avril 2015 intitulé « Au-delà d’Alger », des propositions alternatives à un accord dont les limites étaient déjà manifestes avant sa signature.

Les « observations », les « propositions d’amendement » et les « préalables» formulés par les parties maliennes sur le projet d’Accord pour la Paix et la Réconciliation proposé par la médiation internationale, soulignaient à suffisance le caractère minimal de l’accord dont la mise en œuvre risque de rencontrer de grosses difficultés, même s’il était signé par tous. Deux ans après sa signature, l’accord n’a connu   que de timides essais de mise en œuvre.

Dans son mémorandum « Deux années de gouvernance IBK : comment sortir de l’impasse ? » daté du 9 octobre 2015, le PARENA formula trois propositions. D’abord le parti du bélier blanc invita le gouvernement à tirer les conséquences de la défaite militaire et de l’humiliation de la nation du 21 mai 2014, suite à la visite du Premier ministre d’alors à Kidal, de l’émergence du MAA et du GATIA comme forces militaires, du rapport des forces défavorable au gouvernement dans le processus de négociation d’Alger et de la multiplication des attaques contre les populations civiles, les forces armées et les symboles de l’État au nord comme dans les régions de Mopti, Ségou, Sikasso et Bamako.

Ensuite, considérant l’Accord comme une étape de la longue quête de paix au Mali, en dépit de ses imperfections, le PARENA recommanda « l’organisation d’assises ou de concertations inter-maliennes pour, entre autres, ouvrir une fenêtre d’opportunités pour le pays, remobiliser la nation, lui permettre de s’approprier l’Accord issu du processus d’Alger et de forger une marge de manœuvre. Respectueuses de la constitution et de l’institution présidentielle, ces assises/concertations pourraient doter  le pays d’une feuille de route consensuelle… ».

Enfin, au-delà des uniformes, des chaussures et des chaussettes des Forces Armées et de Sécurité, le PARENA recommanda « de concevoir et de mettre en œuvre une politique ambitieuse de refondation, de reconstruction d’une nouvelle armée nationale, professionnelle et républicaine, de rénover l’outil de défense, de sécurité et de renseignement et de lancer un vaste programme de construction de nouveaux camps militaires et  d’habitations décentes pour les militaires et leurs familles… ».

Le PARENA avait donc prévenu que si on ne prend garde, la gouvernance instaurée, conduirait le pays au mur et avait invité alors le gouvernement « à changer de cap, à sortir de l’autisme et à entendre les angoisses et les inquiétudes qui montaient de partout… ».

Ces propositions formulées il y a deux ans, gardent toute leur pertinence et leur actualité au regard  des mots prononcés par S.E. M Mahamat Saleh Annadif, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et Chef de la MINUSMA devant les députés de la République : « Dans le centre…il n y a pas d’administration, pas de Préfet, pas de Sous-préfet…. nous avons quand même deux acteurs armés dans une partie du territoire et ils disent ne pas vouloir des accords et des élections… ». Et le diplomate onusien d’appeler les parties maliennes au réalisme, l’autre nom des assises/concertations nationales.

Abordant récemment devant la presse, la situation socio-politique et sécuritaire, le doyen Seydou Badian Kouyaté appelait les pouvoirs publics à « …surseoir à l’organisation de l’élection présidentielle de 2018 pour construire une union sacrée du pays… un gouvernement d’union nationale …. ». Mais comment construire une union sacrée, comment mettre en place un gouvernement d’union nationale sans au préalable organiser des assises/concertations entre les forces vives de la nation ?

A défaut de l’accord du Président de la République à qui il revient de facto et de jure de prendre une telle initiative, n’est-il pas envisageable que le doyen Seydou Badian Kouyaté prenne devant Allah et devant les hommes, la responsabilité politique et morale, d’organiser des assises nationales sur la situation socio-politique et sécuritaire et créer ainsi les conditions d’un consensus national pour faire face à la résolution de la crise ? Une sorte de Amadou Mathar Mbow à la malienne ?

Moussa Makan Camara

Source : Le challenger

Did you find apk for android? You can find new Free Android Games and apps.
Partager.

Les commentaires sont fermés.