Police nationale: le malaise syndical persiste

0
605

Le Directeur général de la Police nationale était face à la presse. A l’occasion de la rencontre mensuelle entre les hommes de média et les services de sécurité. C’était jeudi dernier, dans les locaux de la direction générale de la police. Les échanges ont porté entre autres, sur l’intensification des patrouilles, la création de nouvelles unités d’élite et le bras de fer entre le syndicat et la hiérarchie policière.

Ils sont huit policiers à être traduits en conseil de discipline. Ce sont les sergents de police Daouda Cissé, Fadiala Maïga, Ibrim Dembélé, Bandjougou D. Diarra, Fousseyni Diakité, Nouhoum Traoré, Mahamadou Traoré, Idrissa Berhé. Tous répondront de leurs actes, a dit le Directeur Général de la police, le Contrôleur général Moussa Ag Infahi. «S’ils sont coupables, ils répondront de leurs actes, ça ne relève pas de moi », indique-t-il aux journalistes.

Il y a deux semaines pourtant, l’Adjudant-chef, Tiékouta Kanté, secrétaire général Bureau Exécutif SPN/UNTM, adressait les félicitations de tous les agents de police à la hiérarchie pour avoir doté les quinze (15) commissariats de Bamako de pick-up, pour avoir mis dans des conditions effectives, les forces spéciales de la police et pour avoir alloué des primes et indemnités de logements à tous les policiers. Que se passe-t-il alors? Enquête faite, il ressort que le divorce entre l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (UNTM) et la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM) qui se reflète sur les policiers syndiqués. Ainsi tous les policiers traduits en Conseil de discipline sont ceux ayant soutenu la grève de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Mali (CSTM).

En effet, c’est suite à la grève de 48 heures de la CSTM, les 21 et 22 mars derniers, que des policiers ont été traduits en Conseil de discipline. Pour les policiers grévistes, les textes régissant la police nationale reconnaissent le droit de grève. Ils n’ont fait que respecter la loi, selon eux. Mieux, indiquent-ils, le service minimum a été observé. Aux dires du DG de la police, il y a de quoi traduire les syndicalistes devant le conseil de discipline.

«Le droit de grève est reconnu aux policiers mais il n’existe pas pour des policiers exerçant dans certaines unités», affirme le Contrôleur général Moussa Ag Infahi. « Pis, indique-t-il, le 21 mars c’est le jour de l’attaque de l’hôtel Nord-Sud. La police déjà en sous effectif était privée de plusieurs éléments».

La montée en puissance

La conférence de presse a été l’occasion pour le DG de la Police de faire l’état de police nationale. On constate, selon lui, depuis un moment une certaine diminution de la criminalité dans certaines parties du pays. Cela, grâce à la montée en puissance des forces de sécurité. Cette amélioration de la situation sécuritaire, précise le DG, est due au renforcement des patrouilles dont 1154 effectuées à Bamako et 1656 dans les régions. Ce sont au total 2186 personnes à Bamako et 1083 dans les régions qui sont interpellées dans le cadre de la lutte contre la criminalité, la délinquance et le terrorisme.

Avec la sortie prochaine des 2200 recrues qui feront leur entrée à l’école de police le trois juillet, Kati aura son deuxième commissariat. Kalaban-coro, Ménaka et Ansongo auront chacun un commissariat. En termes de matériel, la police a réceptionné ces derniers mois : 20 pick-up, 50 motos, 6 motos à quatre roues, 7 pick-up réservés pour la FORSSAT et 2 véhicules pour la police technique et scientifique et des outils d’analyses de téléphones portables.

Mamadou TOGOLA