Mali-CEDEAO : Jusqu’où le bras de fer ?

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Malgré la disponibilité pour un processus de sortie de crise concerté qu’ont fait preuve les Autorités de la transition et leur sollicitude de bonne compréhension auprès de tous les partenaires bis et multilatéraux du Mali, rien ne va plus entre Bamako et la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) en premier lieu et l’ensemble des organismes de la Communauté internationale.

Pour avoir opté, en tant qu’Etat souverain, pour la non-ingérence dans ses affaires intérieures, le Gouvernement de la transition du Mali est accusé par la France et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de tous pêchés d’Israël. Or, c’est vu l’aggravation de la crise sécuritaire et sociopolitique à l’échelle nationale qu’une décision politique a été prise par les Autorités compétentes de tenir des concertations nationales devant permettre à la refondation profonde de la Nation et œuvrer à la libération et à la sécurisation des Régions du Nord et du Centre du pays. Décision politique légitime pour un Etat souverain et responsable mais prise par certains Etats et institutions internationales pour une stratégie des actuelles Autorités de la transition de s’éterniser au pouvoir et freiner le processus de retour du Mali à l’ordre constitutionnel normal. Une attitude contre laquelle le Gouvernement de la transition ne semble plus vouloir aller avec le dos de la cuillère pour dire ce que le Mali veut en tant qu’Etat souverain. C’est dans ce cadre que se situent les vérités du Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, à l’adresse de la Délégation du Conseil de sécurité de l’ONU récemment en mission dans notre pays. Ce report du scrutin présidentiel et législatif à quelques mois de décalage est juste pour stabiliser la situation du pays au plan sécuritaire et normaliser les règles du jeu démocratique afin d’autres soubresauts replongeant le pays dans une éventuelle impasse démocratique et sécuritaire. Donc, c’est pour leur décision de repousser à une date ultérieure les élections générales initialement prévues pour février prochain sous la pression de la Communauté internationale par la voix de la CEDEAO que les excellentes Relations entretenait le Mali au plan sous-régional tendent à devenir très compliquées.

Récemment, une forte Délégation du Conseil de sécurité des Nations Unies, conduite par les Ambassadeurs du Niger et de la France auprès de l’ONU, Abdou Abarry et Nicolas de Rivière, a séjourné à Bamako. Cette Délégation a eu une séance de travail avec les plus hautes Autorités de la transition dont le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, et tous les Acteurs dans la crise sécuritaire et sociopolitique que traverse le pays. A savoir des leaders de la classe politique, de la société civile et des Groupes armés impliqués dans l’Accord d’Alger II. C’est dans le cadre des consultations périodiques instaurées entre le Mali et le Conseil de sécurité de l’ONU depuis l’établissement de la MINUSMA en 2013.

A travers un courrier officiel, les Autorités maliennes ont informé la CEDEAO leur décision souveraine de reporter les Assises nationales de la refondation à la semaine du 20 au 26 décembre 2021 ainsi que la tenue des élections présidentielle et législatives initialement prévues avec la CEDEAO pour février 2022. Ceci étant, c’est à la CEDEAO et aux autres partenaires bis et multilatéraux d’en tirer les leçons en décidant si oui ou non il y a lieu d’accompagner le Mali et dans quelles conditions aussi.

Cependant, bien avant la réaction du Conseil de sécurité de l’ONU suite à la présente mission, voici la CEDEAO et la France en train de faire monter la pression en multipliant les menaces de sanctions ciblées et de retrait des troupes étrangères déployées dans le Nord contre le terrorisme. Ce, en accusant Bamako de pactiser avec le diable en faisant appel avec le Groupe WAGNER ou l’rn vouloir à mort pour songer à élargir ses liens de coopération internationale avec la Russie qui est l’un des partenaires militaires et de défense de longue date et très fiables.

Les relations se compliquent d’autant plus que la Communauté internationale instrumentalisée par les puissances occidentales menace de s’aligner désormais sur la CEDEAO contre le Mali.

En outre, rappelons que les Relations de coopération avec le Mali ne sont pas au beau fixe depuis son échec à maintenir à tout prix l’ex-Président Ibrahim Boubacar Kéïta au pouvoir.

Le 7 novembre dernier, les Chefs d’Etat de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest, à l’issue de leur réunion à Accra, au Ghana, ont eu à durcir leurs positions spécifiques contre les Autorités de la transition Mais qu’à cela ne tienne ; car, par la voix de son Premier Ministre, Choguel Kokalla Maïga, et celle de son Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, l’Ambassadeur Abdoulaye Diop, le Gouvernement de la transition sollicite toujours à ce que les partenaires bis et multilatéraux priorise le volet sécuritaire principalement dans le cadre de leur partenariat. Puisque ce volet devient de plus en plus préoccupant pour les Populations.

Djankourou

Source : L’Aube

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