Les ressortissants de Goundam se mobilisent… pour sauver le lac faguibine et ramener la paix dans leur localité

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Envisager, d’une part, les voies et moyens de ramener la paix et la sécurité dans leur localité. Et, d’autre part, sauver le lac Faguibine, l’artère nourricière des populations, menacée  d’assèchement. Tels sont, entre autres, les objectifs de l’association des ressortissants du cercle de Goundam, réunis le 06 mai dernier, à l’hôtel Salam de Bamako.

L’un est synonyme d’abondance, d’autosuffisance alimentaire ; l’autre, de mort et d’exil forcé des populations. Le lac Faguibine et l’insécurité sont au cœur des préoccupations des ressortissants du cercle de Goundam.
Réunis, le 06 mai dernier, à l’hôtel Salam de Bamako, sur les berges du fleuve Niger, ils entendent explorer les voies et moyens pour atténuer les souffrances de leurs parents qui subissent de plein fouet le dessèchement du lac Faguibine ; mais aussi, l’insécurité. Qui a condamné une grande partie des populations à l’exil.
Maire de la commune urbaine de Goundam,  Seck Oumou Sall n’exclut pas de « parler avec eux (ndlr : les groupes armés), les écouter aussi. Ils seront avec nous et nous allons travailler à ce qu’on ne parle plus de groupes armés dans ces zones ; mais plutôt de fils, d’enfants de ce cercle de Goundam, qui veulent aujourd’hui apporter leur contribution à la paix ».

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Sur le terrain, l’insécurité a mis à mal la cohésion sociale, le vivre-ensemble légendaire des populations. Pas un seul jour, sans qu’un véhicule en partance ou au sortir de Goundam, ne se fasse braquer par des bandits armés. Avec, à la clé, des morts.
Autre préoccupation,  et non des moindres, des ressortissants  du cercle de Goundam : la mise en eau du lac Faguibine, en voie d’assèchement.
D’une superficie de 86.000 ha, le Faguibine est constitué de cinq lacs interconnectés, alimentés à partir de deux marigots. Qui prennent leur source sur le Farabangou, un défluent du fleuve Niger. Avant de se rencontrer à hauteur du village de Kanéye, pour former le marigot de Goundam.
Les lacs Télé et Takara couvrent une superficie de 13.000 ha ; ceux de Gouber et Kamango 20.000 ha ; et le lac Faguibine, le plus grand, totalise à lui seul 53.000 ha.
Dans les années 60, la zone lacustre du Mali était le grenier de la sous-région ouestafricaine. Elle approvisionnait les pays d’Afrique de l’Ouest en riz, blé, niébé, arachide… mais aussi, en poisson sec et fumé.
« Il y a trente, quarante ans, on vivait là-bas dans l’abondance. Et maintenant, il n’y a même pas d’eau. D’où l’importance, pour la vie des populations de ramener cette activité, toutes les activités socio-économiques autour du lac », disait Hama Arbi Ould Sdi Mohamed, un expert, originaire de la région.
Mais à la fin des années 70, les marigots ont tari. Conséquence : les lacs n’étaient plus approvisionnés en eau. Il a fallu attendre 1986, pour que le gouvernement s’intéresse au système Faguibine. Toutes les études ont montré que la mise en eau des lacs ne pose aucun problème. Surtout, après le désensablement du lit des lacs. Mieux, la zone lacustre est l’une des rares zones de culture, qui ne nécessite pas d’engrais pour produire des céréales de qualité.
C’est pourquoi, le gouvernement a mis en place le « Projet  de Mise en Valeur du Système Faguibine » (OMVF). Projet financé par le bureau des Nations Unies pour le Sahel (UNSO) et le gouvernement norvégien.
En dépit des efforts consentis  par le gouvernement  en 2007 (1,020 milliard CFA)  pour consolider les acquis, le manque de suivi a eu raison de ces lacs, victimes, à la fois, de l’ensablement et de l’assèchement des eaux.
« L’autosuffisance alimentaire des régions du nord passe par la remise en eau des lacs de Goundam », indiquait Mr Tidiane Ascofaré, ex-directeur général de l’OMVF.
Une conviction partagée par l’association des ressortissants du cercle de Goundam. Laquelle entend se donner les moyens pour parvenir à cet objectif vital pour les populations.
Au rang de ces moyens, un festival culturel. Dénommé « Festival International du Faguibine », il aura lieu, du 11 au 13 août, prochains à Goundam. Il devra permettre de récolter des fonds pour le désensablement et la remise en eau du lac Faguibine.

Oumar Babi
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