Le PARENA prévient : « le Mali risque de sombrer »

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Les Maliens, indique le Parti pour la renaissance nationale, rêvaient d’écrire, sous le leadership du président IBK, une nouvelle page de leur histoire, marquée par  la bonne gouvernance, la restauration de la stabilité et de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire. Hélas, en dehors de l’Accord pour la paix et la réconciliation, souligne le PARENA, rien de concret n’a été réalisé depuis trois ans.

Le parti du Bélier blanc ajoute que : « trois ans après l’investiture d’IBK, la déception est à son comble tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. La situation sécuritaire demeure une brûlante préoccupation. Outre le Nord, le Centre du pays s’embrase. En trois ans, plus de 1300 personnes ont été tuées au Mali. L’application de l’Accord signé en 2015 est dans une grave impasse. Les scandales de gouvernance restent impunis. L’instabilité gouvernementale est à son paroxysme: trois premiers ministres et six gouvernements en trois ans!  Malgré ce tableau peu réjouissant, le président a continué ses voyages à l’extérieur comme si de rien n’était: 99 voyages en trois ans. Les distances parcourues correspondent à 15 fois le tour de la terre!
Au regard de la dégradation de la situation sécuritaire et de la situation générale du pays, pour éviter que le pays ne s’effondre à nouveau, le PARENA, comme toute l’opposition, réitère son appel à la tenue des concertations nationales. Il recommande aussi la convocation des États généraux de la défense et de sécurité nationale. »
Le parti martèle que, faute  de vision, de volonté politique, d’écoute et de concertations, faute d’appropriation nationale et de capacité d’anticipation, la mise en œuvre de l’Accord est dans une grave impasse, contribuant aux risques d’effondrement de l’État et du pays.
Pour le PARENA, les Maliens n’ont pas vu ce que le président de la République a tenté pour désamorcer la bombe du Centre et résoudre la crise qui couvait.
De façon générale, soutient le parti, pendant les trois premières années du mandat du président, il y a eu plus de morts au Mali du fait du conflit que pendant les 53 années précédentes, de 1960 à 2013.
Le parti du Bélier blanc fait une comptabilité macabre: «  de septembre à décembre 2013: 115 morts ; de janvier à décembre 2014: 306 morts ; de janvier à décembre 2015: 538 morts ; de janvier au 15 septembre 2016: 352 morts ; au total, au moins 1311 civils, militaires maliens et étrangers ont perdu la vie dans notre pays depuis les débuts du mandat du président. »
La mauvaise gouvernance, selon le parti, est la cause de tous les maux dont souffre le Mali et qui risquent de provoquer son effondrement. A propos de l’instabilité gouvernementale, il signale que le 3ème Premier ministre d’IBK, en l’occurrence Modibo Kéita, nommé en janvier 2015,  a formé en 20 mois quatre gouvernements.
« La plupart des départements ministériels ont eu entre trois et quatre titulaires en si peu de temps: Économie et Finances, Éducation, Défense, Administration, Justice, Communication.
Certains ministres sont en train de faire le tour de tous les départements.
Le Secrétariat Général de la présidence est à son 3ème titulaire, » note le PARENA. Cette mauvaise gouvernance, souligne le parti, entraine la multiplication des attaques sanglantes contre les FAMAS et crée la psychose au sein de l’opinion nationale, car les Maliens sont inquiets des réponses inappropriées de nos autorités.

Il ajoute que les détournements continuent malgré la crise et « trois ans après l’accession d’IBK au pouvoir, le Boeing 737, acquis à la suite d’un montage financier opaque de type mafieux mêlant sociétés-écrans et hommes d’affaires douteux installés entre Hong-Kong et les Antilles britanniques, continue d’être un mystère de gouvernance. »

Pour le PARENA : « les trois années qui viennent de s’écouler ont été trois années perdues pour le Mali. Rien de concret n’a été réalisé: ni intégrité du territoire, ni unité nationale, ni réconciliation nationale, ni paix, ni stabilité, ni refondation des FAMAS, ni reconstruction de l’État. La réputation internationale du Mali est ternie durablement à cause des divers scandales de gouvernance et de notre incapacité à stabiliser  la situation intérieure.
L’incapacité du président et du Gouvernement à faire face à la situation se passe de commentaires. Les crises s’aggravent, le pays risque de s’effondrer à nouveau. »

Compte tenu de toutes ces remarques, le PARENA lance un vibrant appel aux Maliens de l’intérieur comme de l’extérieur, à tous ceux qui sont préoccupés par le présent et l’avenir du Mali, à tous ceux qui souhaitent une issue pacifique et démocratique à la crise actuelle, à joindre leurs voix à celle de l’opposition afin qu’il y ait les concertations, sans lesquelles, le Mali, ajoute-t-il, risque de sombrer. Il recommande aussi la mise en place d’un comité préparatoire Présidence-Majorité-Opposition-Société civile-Groupes armés, la convocation des États généraux de la défense et de la sécurité nationales.

B.D.