Le Mouvement « On a Tout Compris ! » remet le couvert devant l’ambassade de France

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Le Mouvement « On a Tout Compris, Wati Séra  » a organisé son troisième sit-in, jeudi dernier, devant l’ambassade de France. Il dénonce l’ingérence française au Mali et demande, aussi, à la France de clarifier son agenda dans notre pays. Il faut signaler que les responsables du mouvement ont été reçus par l’ambassadeur de France, mais ils estiment qu’ils doivent toujours continuer leur combat, puisque leur objectif n’est pas atteint. Nous avons interrogé des manifestants.

Adama Ben Diarra, porte-parole du mouvement « On a Tout Compris »

Nous sommes à notre 3ème  sit-in devant l’ambassade de France.  Dès notre première sortie, le lendemain, l’ambassade de France a fait un communiqué hostile à notre manifestation.  Après le deuxième sit-in, l’ambassadeur nous a invités et nous nous sommes rendus à l’ambassade pour échanger. Ils voulaient savoir ce que nous reprochons à la France. Aujourd’hui, nous en sommes à notre 3ème sit-in, nous pouvons dire que   notre message a été entendu, mais il n’a pas été compris. Pour nous, l’objectif c’est le retour de l’armée, de l’administration et de tous les services de développement sur toute l’étendue du territoire malien. La France doit arrêter  sa politique ambigüe, la politique de double face avec les narcotrafiquants, les séparatistes, nous pensons que   trop c’est trop et que maintenant, nous avons tout compris. Nous sommes sortis pour réitérer notre demande et montrer notre détermination au monde entier, à la France particulièrement. Nous allons rester dans les rues, tant que notre doléance n’est pas satisfaite, tant que nos enseignants ne seront pas en train d’expliquer la signification des couleurs du drapeau malien aux enfants de Kidal, de Mopti, de Tombouctou, de Gao et sur toute l’étendue du territoire, nous n’allons pas rentrer. Tant que nous ne verrons pas le médecin malien, assister les femmes enceintes, dans les Centres de Santé Communautaires, nous allons continuer à rester dans les rues. Nous allons profiter de votre organe pour lancer notre prochaine manifestation, le 22 septembre 2017, car le 22 septembre 1960 est la date symbolique de prise glorieuse de notre indépendance au Mali. Bien vrai qu’après 8 ans seulement, nous sommes retombés dans le néocolonialisme et c’est ce que nous condamnons avec la dernière énergie. Le 22 septembre, date patriotique, nous allons sortir massivement pour une grande marche, à partir de 10 heures, du Monument de l’indépendance jusqu’à l’ambassade de France, pour aller remettre notre déclaration. Nous appelons tout le peuple malien à se mobiliser derrière cette manifestation grandiose, qui aura lieu dans beaucoup de pays où se trouvent des Maliens : à Kinshasa, à New Yoork, à Paris, à Dakar, Libreville et à l’intérieur, Tombouctou, Ségou, Sikasso, Kayes. Nous sommes en contact avec eux. Nous sommes en train de combattre pour que tous les Maliens adhèrent à ce noble combat, pour que nos frères et sœurs qui sont sous le bruit de balles, habitude qui est devenue une coutume pour eux, pour que cela cesse et que le Mali puisse aller vers un nouvel élan économique et c’est par ce combat que nous pouvons bâtir un Mali digne. Nous estimons que nous ne sommes pas encore entendus, puisque l’entente doit être suivie d’une action sur le terrain, par le non cantonnement  des forces de l’ordre,  qu’on apprenne de façon officielle, que les forces de l’ordre, les  services sociaux de base sont en déploiement à Kidal. Il y a parmi les jeunes de la société civile, des gens qui n’avaient pas cautionné cet accord, car, au début on trouvait que l’accord d’Alger divisait plus les Maliens qu’il ne les unissait. On aurait estimé être entendu si le processus de l’accord était mis en œuvre. C’est   très dommage, depuis notre 1er sit-in du 3 août jusqu’à aujourd’hui, nous n’avons aucune information sur le déploiement de l’armée malienne à Kidal et des services sociaux de base et de sécurité et la préparation du retour des civils à Kidal.  Nous constatons des pourparlers autour d’une trêve, qui, pour nous, n’est pas une trêve. La dernière fois, on a été accueilli par l’ambassade. Ce n’est pas ce que nous demandons, nous demandons que l’ambassade clarifie  son agenda  qu’elle réponde de façon officielle à nos interrogations.

Mamadou Coulibaly dit MCoul, Chargé de communication du mouvement « On a Tout Compris »

mamadou-coulibaly

Nous avons toujours dit qu’un homme peut tomber seul, mais pour se relever, il lui faut de vrais amis, pas des amis en cachette. Aujourd’hui, le groupuscule armé qui est à Kidal, la CMA, n’est rien d’autre qu’un groupuscule appuyé logistiquement et financièrement par la France. Là, nous ne sommes pas d’accord. Si la France est venue nous aider pour la reconquête de notre intégrité territoriale, elle doit savoir que nous aspirons à la même chose qu’eux à l’époque où la France était occupée. Les Français étaient debout pour libérer Paris et quand ils ont libéré Paris, ils n’ont pas toléré ceux qui ont collaboré avec les Nazis et si nous, aujourd’hui, nous devrions tolérer ceux qui nous ont combattus et leur permettre de nous diriger, c’est inadmissible, c’est inacceptable. L’exemple en est donné par les autorités intérimaires, quand on voit ceux qui sont mis au premier plan. Nous réitérons notre engagement à notre armée nationale, nous sommes  confiants, car nous  savons que nous avons une armée faible militairement, du point de vue logistique, mais nous savons qu’elle a les capacités de nous sécuriser, de façon responsable, on est devant une guerre, chacun étant confronté à cette guerre, doit la mener. Le partenariat auquel nous aspirons avec la France est un partenariat noué pour nous faciliter l’acquisition des équipements militaires,  pour accompagner notre armée, à travers leur mission et l’EUTM devrait aujourd’hui s’expliquer, parce que c’est une formation défensive, alors que notre armée devrait aussi être formée pour l’attaque, puisque qu’elle doit se déployer. C’est pour toutes ces raisons que nous sommes là aujourd’hui et nous allons continuer à revendiquer. Vous avez constaté que malgré la pluie, nous sommes sortis, car la pluie est minime par rapport aux balles qui pleuvent sur nos militaires au Nord.

Amara Ag Hamdina, membre du Mouvement « On a Tout Compris »

 AMARA-AG-HAMDINA

Je peux dire que notre message a été entendu, parce que dès notre premier sit-in l’ambassadeur français  a répondu par un communiqué de presse, le président de la République, aussi, a répondu dans son discours. Ensuite, l’ambassade de France nous a invités et nous nous sommes rendus dans leurs bureaux. Ils nous ont demandé le dialogue. Nous  avons été stricts, nous avons déposé nos amendes : il faut que l’armée malienne soit à Kidal, que l’administration soit à Kidal, que la France soit du côté de l’armée malienne, que la France aide notre pays à retrouver sa souveraineté sur toute l’étendue du territoire malien, de Kayes à Tinzawaten. C’est cela notre objectif.

Seydou, citoyen malien

 M.SEYDOU

Aujourd’hui, la France est au Mali pour ses intérêts. Elle veut négocier avec une minorité, au sein de nos régions, notamment au niveau de Kidal, parce qu’il y a des ressources naturelles. C’est plus facile de négocier avec une minorité qu’avec  un Etat fort. En donnant à cette minorité une petite autonomie, la France pourrait ensuite les dominer facilement.

 

Propos recueillis par Baba Dembélé

 

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