«L’Assemblée Nationale n’est pas à l’abri d’un attentat»

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Tels sont les propos de l’Honorable Mamadou Hawa Gassama. C’était le 30 juin dernier à la plénière sur l’examen du projet de loi de ratification de l’Ordonnance n° 004/P-RM du 15 février portant création de l’Observatoire National des Villes (ONV). Projet auquel il a apporté son soutien. A sa manière.

«Il n’y a pas de sécurité à Bamako, les commerçants ont envahi les goudrons partout et l’Assemblée nationale n’est pas épargnée», s’indigne l’élu de Yélimané. Invitant le ministre Dembélé à jeter un coup d’œil aux alentours de l’hémicycle à sa sortie, l’Honorable Gassama lui donne un avant goût du tohu-bohu dehors. Les grilles de l’Assemblée nationale, commente-t-il, sont recouvertes de sacs à main, de sacs de voyages et de valises de tout genre, des sachets de mèches et autres marchandises diverses. Au milieu du goudron, des vendeurs de chaussures battant des tam-tams pour attirer les clients.

Les taximen entrent et sortent de l’Assemblée nationale à la recherche de clients. Parfois à cause des stationnements anarchiques des sotroma, l’accès de l’Assemblée devient impossible pour les députés, dit-il.

Déchainé tel un canard, Gassama affirme: « le désordre est, aujourd’hui, tel à Bamako que les Maliens n’ont d’autres protections que celles de Dieu». « Il n’y a pas d’autorités au Mali», assène-t-il. Et d’ajouter cet adage en Bambara: « Attraper vite l’oiseau! Cela dépend de son élan », c’est dire Monsieur le président que l’Assemblée Nationale n’est pas à l’abri d’un attentat», explique-t-il.

Le projet de loi a été adopté avec cent sept voix pour, zéro contre et zéro abstention. Le Mali a son Observatoire National des Villes. Aux dires du désormais ex-ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Dramane Dembélé, l’ONV ne sera pas un outil de plus. « C’est un outil de prospection qui contribuera à la réalisation, au suivi et à l’évaluation de toutes études et de technologies urbaines; à la détermination du profil économique des villes; à l’amélioration de l’habitat décent; la mobilisation et l’opérationnalisation des services urbains des collectivités; la sécurité et la quiétude des citoyens dans les milieux urbains », a-t-il rassuré.

les villes maliennes sont confrontées entre autres problèmes, à l’étalement urbain; les difficultés d’accès aux services urbains de base; les problèmes d’assainissement; l’insuffisance d’infrastructures routière et de drainage; l’insécurité galopante; l’insuffisance de la prise en compte de l’économie urbaine et sa capacité à résorber le chômage; la prolifération des lotissements au mépris des textes; l’occupation anarchique des places publiques, des voies publiques, des espaces verts et autres équipements; l’étroitesse des voies de circulation; l’absence d’aire de stationnement; la dégradation précaire des équipements et autres infrastructures à cause des pressions.

Mamadou TOGOLA