Kidal : La CMA accepte un compromis avec le GATIA

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Les représentants du GATIA et de la CMA étaient en conclave à Niamey, pour décrisper la crise liée à la gestion  de la ville de Kidal pour la période intérimaire. En effet, après la désignation du gouverneur de Kidal, issu de la CMA, la perspective de la mise en place des autorités intérimaires à Kidal a remis sur le tapis la question de la direction du Conseil communal dans cette ville. C’est pourquoi, le général El Hadj Gamou a battu le rappel de sa communauté, les Imghad, pour plus de solidarité.

Pour lui, les Imghad sont plus nombreux dans la ville de Kidal, qu’ils considèrent comme leur terre. Selon nos sources, la CMA a exercé une telle pression sur les  autorités que le président de la République, IBK, avait demandé à Gamou de se retirer de Kidal. Face au refus du général, la tension s’est exacerbée, car, selon nos sources, les responsables des FAMAS, notamment le chef d’Etat major général, Didier Dacko, soutiennent le général El Hadj Gamou. Finalement le Niger a été sollicité pour mettre fin à la brouille.

Selon RFI : «  Un consensus a finalement été trouvé sous l’égide du Premier ministre nigérien qui avait fait venir les deux délégations à Niamey. Un compromis qui devrait enrayer l’escalade de la violence. Après trois jours de négociation, un compromis a finalement été trouvé entre la délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui tient militairement la ville de Kidal depuis 2012 et la Plateforme, notamment les combattants du Gatia. Ces derniers, dirigés par le général Gamou, dont les relations avec Bamako sont glaciales, bousculent depuis des mois les intérêts de la CMA à Kidal. Il fallait donc trouver un arrangement en attendant le déploiement des autorités intérimaires. Les deux entités sont finalement tombées d’accord. Elles partageront la gestion administrative de Kidal. Plus important encore, comme le Gatia le réclamait, la coopération sera également valable dans le domaine sécuritaire. Autrement dit, des combattants du Gatia seront aux côtés des combattants de la CMA sur les check-points et associés à la sécurisation de la ville. Des deux côtés de la délégation, on affirme que des  «  mesures concrètes vont être prises pour faire baisser la tension à Kidal », sans plus de précisions. La CMA, qui avait toujours refusé de collaborer sur le plan sécuritaire, ne voit pas cet accord comme un échec. « Tout ce qui peut nous faire avancer vers la paix est une bonne chose », conclut Almou Ag Mohamed, le porte-parole de la Coordination des mouvements de l’Azawad.

En fait, dans la déclaration qui a entériné cette rencontre, on lit, entre autres : «  la CMA et la Plateforme réaffirment leur attachement à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger et à ses mécanismes de mise en œuvre et expriment leur volonté à faciliter son application… ».

La déclaration précise qu’en attendant la mise en œuvre des dispositions pertinentes de l’accord, les parties conviennent de certaines mesures. Au plan sécuritaire, il s’agit de la prise des dispositions immédiates pour faire baisser la tension à Kidal et de la gestion collégiale de la sécurité à Kidal, y compris les check-points. Au plan de la gestion locale, la Commission régionale de coordination des activités socio-économiques sera composée de huit membres répartis de façon égale entre la CMA et la Plateforme, à raison de quatre membres par entité. Cette commission sera dirigée par une coprésidence CMA/Plateforme. Les commissions sectorielles de gestion au nombre de six, à savoir : Eau/Energie, Assainissement, Education, Santé, Humanitaire, Communication, seront gérées de la façon suivante : la présidence de deux commissions, la vice-présidence de deux autres commissions, ainsi que la deuxième vice présidence des deux restantes seront assurées par la Plateforme ; les quatre présidences, quatre vice présidences et quatre deuxième vice présidence des commissions sectorielles reviennent à la CMA.

Par, ailleurs, la rencontre recommande de mettre en route immédiatement sur Kidal, une mission de haut niveau CMA/Plateforme pour la mise en œuvre des arrangements convenus dans la présente déclaration. Elle recommande aussi d’accélérer le processus de mise en place des Autorités intérimaires et l’opérationnalisation du Mécanisme opérationnel de coordination (MOC) et des patrouilles mixtes.

Rappelons que, depuis 2012, la ville de Kidal est restée une épine sous le pied de la République du Mali. La situation s’est aggravée à la veille de la mise en place des Autorités intérimaires, puisque le MNLA, Le HCUA, regroupés au sein de la CMA, se sont toujours opposés à l’entrée du GATIA, membre de la Plateforme, dans la ville de Kidal. Malgré tout, la ténacité du général Gamou a fini par payer et la CMA a accepté le partage des rôles.

Pour montrer l’importance de cette déclaration, avant la mise en place des nouveaux conseils, il faut signaler que les membres  de l’Autorité  intérimaire  de Région, de cercle et de commune  sont désignés  de façon consensuelle  par le Gouvernement, la Plateforme et la Coordination parmi les agents des services déconcentrés de l’Etat, la société civile et les conseillers sortants. L’Autorité intérimaire désigne en son sein un président et deux vice-présidents. Le Président de chaque autorité intérimaire est le chef de l’exécutif local. C’est dans cette perspective que le GATIA se positionne pour avoir sa part dans le  contrôle de Kidal.

Au fil de l’actualité, toujours pour illustrer la difficulté liée au contrôle de la ville de Kidal, Soumaila Cissé a déclaré, lors de la conférence de presse de l’opposition, samedi dernier: « Tous les acteurs qui interviennent dans la résolution de la crise du Mali sont unanimes à constater que l’application de l’accord piétine dangereusement. Pourquoi un accord qui a été chèrement vendu au peuple malien comme étant le remède efficace et rapide à la crise qui le secoue depuis bientôt 4 ans tarde à produire les effets attendus? Est-il vraiment efficace ?

La réponse est certainement non !!! S’il constituait un vrai et bon remède en l’état, les autorités maliennes allaient au moins fouler le sol de Kidal, ne serait-ce que pour consacrer la symbolique de la présence de l’Etat malien sur l’ensemble du territoire national.

La non pertinence de certains principes et engagements contenus dans l’accord et ses annexes, notamment ceux relatifs à l’instauration des autorités intérimaires dans les régions du Nord, est de plus en plus évoquée avec inquiétude par la classe politique, la société civile et les élus du Nord. »

B.D.

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