IBK : « les ministres, à l’ origine de L’occupation du consulat du mali en France, vont voir ce qu’ils vont voir !»

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Après un mois de congés bien mérités, nous reprenons du service dans un contexte marqué, d’une part, par la révolte des Maliens de l’extérieur, suite aux rumeurs sur la signature d’un accord de réadmission des Maliens en situation irrégulière en Europe. Et, d’autre part, par la dégringolade de la côte de popularité du président de la République au sein de l’opinion publique nationale. Comment en est-on arrivé là ? Quelles en sont les raisons ? Et quelles peuvent être les conséquences de cette ténébreuse affaire qui a, au fil des jours, pris l’allure d’une affaire d’Etat ? Réponses du Chef de l’Etat dans cette «  interviou » imaginaire ou presque, qu’il a bien voulu nous accorder à sa résidence de Sébénikoro. Sans detour.

Mr le président, comment vous sentez-vous, après les récriminations  des migrants maliens contre vous et votre gouvernement ?

J’en suis malade, estomaqué, rien que d’y penser ! Car ayant été moi-même Malien de l’extérieur pendant plus de 20 ans en France, comment mes concitoyens pouvaient-ils penser que moi, le « kankélintigui », peut être soupçonné d’avoir signé un accord de réadmission des Maliens en situation irrégulière avec l’Union européenne.

En dépit de tous les démentis publiés par le ministre des Affaires Etrangères et celui des Maliens de l’extérieur, la diaspora reste droite dans ses babouches. N’est-ce pas là la preuve d’une crise de confiance entre vous et vos compatriotes ?

Inutile de nier l’évidence, vous avez raison ! Je comprends les frustrations de nos compatriotes de l’intérieur, comme ceux de l’extérieur. Je leur donne ma parole que jamais je ne signerai un document de ce genre, ni avec l’Union européenne, encore moins avec tout autre pays européen pour la réadmission de nos concitoyens en situation irrégulière.

N’est-ce pas là, aussi, la preuve vivante que votre régime souffre d’un déficit cruel de communication ?

Tu as raison, une fois de plus, Le Mollah ! Tout se passe comme si le ministre des Affaires Etrangères et celui des Maliens de l’Extérieur n’ont pas fait le nécessaire pour éteindre l’incendie qu’ils ont créé de toutes pièces.

Et le pire dans tout  ça, c’est que l’un de ces deux ministres a qualifié de « mauvais patriotes », « d’apatrides » (Faso din diougou) les sympathisants du collectif « Mains propres » qui occupent le Consulat du Mali à Paris. Ce qui a contribué à envenimer la situation…

C’est pourquoi, Le Mollah, j’ai décidé d’en tirer toutes les conséquences après le sommet Afrique-France, que notre pays s’apprête à abriter les 13 et 14 janvier prochains.

C’est-à-dire ?

Cela veut dire en bambara : « O ministri nounoun ba ta ou niyoro kini kan !»

En français, cela donne quoi ?

Que les ministres qui ont failli, dans cette affaire, feront valoir leurs droits à la retraite gouvernementale.

Même le ministre des Affaires Etrangères, qui caresse le secret espoir de succéder à Modibo Keïta à la Primature ?

Tous, sans exception ! Attends, seulement, la fin du sommet Afrique-France ; tu vas voir ce que tu vas voir !

Propos recueillis
par le Mollah Omar

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