IBK assure sans rassurer

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Dans son discours de nouvel an, le président de la République, IBK a indiqué : « Lors de mon adresse à la Nation du 22 septembre dernier, j’avais souligné que parmi les défis qu’affronte la Nation, trois retiennent tout particulièrement mon attention. Celui du rétablissement de la paix et de la sécurité. Celui de la préservation de la cohésion nationale. Et celui de la prise en charge de la demande sociale. Ces trois objectifs resteront prioritaires en 2017. Concernant le premier d’entre eux, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger connaît certes des retards. »

Citant les défis, l’opposition, lors d’une conférence de presse, le 3 septembre dernier, avait décrit un sombre tableau d’un «  Mali qui donne l’impression que le président de la République et le Gouvernement sont  totalement débordés, dépassés par les événements. » Elle avait fait état de la multiplication des attaques terroristes contre les forces maliennes et internationales, la sanglante guerre civile intercommunautaire de Kidal, le soulèvement de la jeunesse de Gao, la situation explosive dans la région de Mopti… Elle n’avait pas fait table rase des surfacturations relevées par le vérificateur général concernant l’acquisition d’un Boeing présidentiel avec l’implication d’un mafieux corse et des équipements militaires. En outre, l’opposition avait parlé « du sourd mécontentement et la grogne sociale qui ont conduit à l’explosion de violences le 17 août suite à l’interpellation de l’animateur de radio Ras Bath et la paupérisation croissante de la majorité de la population sur fond de détournements de deniers publics. » Elle avait décrié « trois ans où des scandales succèdent à des scandales, trois ans de mauvaises décisions, trois ans de mauvaises nominations, trois ans de tâtonnement, trois ans de manque de vision et de fuite en avant. » Elle avait aussi dénoncé la réforme de la loi électorale, qui, selon, elle, installe un Mali à deux vitesses.
De son côté,  le président de la République a tenu à rassurer : « Notre sécurité se fortifiera, certes, dans le langage commun retrouvé par les Maliennes et les Maliens. Mais elle se construit déjà sur l’engagement et la bravoure de nos forces armées et de sécurité. Celles-ci démontrent chaque jour davantage qu’elles intègrent les exigences qu’impose leur guerre contre un ennemi qui ne recule devant aucun acte de barbarie. Je tiens à rendre ici un hommage particulièrement appuyé au réarmement moral qui caractérise le comportement de nos troupes sur des théâtres d’opération extrêmement difficiles. Je puis assurer nos braves soldats que la Nation malienne ne lésinera pas sur les moyens à mettre à leur disposition pour qu’ils accomplissent leur devoir sacré. Comme l’atteste l’acquisition récente de deux avions de transport et de deux hélicoptères de manoeuvre qui vont accroître de manière significative les capacités opérationnelles des FAMas. »
A propos du pouvoir d’achat, IBK plaide pour une politique constante de soutien à la consommation. Il a rétorqué que les prix des denrées de première nécessité ainsi que ceux des céréales restent dans leur ensemble inférieurs à ceux pratiqués dans la région ouest-africaine. « De même, a-t-il ajouté, dans le domaine de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de l’Etat, nous avons procédé à une augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 20% sur la période 2015-2017. Ces mesures ont été renforcées par une baisse de huit points sur le taux d’impôt sur les traitements et salaires. Et de 2013 à ce jour, l’incidence financière pour l’Etat de l’octroi des primes et émoluments aux agents publics s’élève à 75 milliards de francs CFA. » Il procédera, a-t-il dit, dès le premier trimestre 2017 au lancement d’un Programme d’Urgences Sociales. Ce Programme, qui s’étendra sur la période 2017-2020, concernera plus particulièrement les secteurs de l’eau, de l’éducation, de l’énergie, de la santé et des pistes rurales. Le président IBK a promis une révision constitutionnelle et la conférence d’entente nationale. Concernant la polémique sur les accords de réadmission, l’opposition a dénoncé une mauvaise diplomatie et IBK martelle qu’il n’a pas signé.

B.D.
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