Humeurs de Facoh : M5-RFP et consorts

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La gestion chaotique et familiale du Mali par le RPM en vue probablement de l’instauration d’une monarchie républicaine en ce pays conduisit des hommes politiques (très peu dans le vent), des religieux requinqués par l’argent public et des simples citoyens à prendre le Mali pour l’Iran où dans les années 1978-1979, un religieux du nom de l’Ayatollah Khomeiny avait chassé du pouvoir le souverain local appelé le Shah mais de son vrai nom Mohamed Réza Palhavi. Il faut se souvenir que l’Iran n’est pas une nation arabe mais représente la Perse antique dont parlait Montesquieu dans « De l’esprit des lois » et qui n’entra en islam qu’après la mort du Prophète « PSL », probablement sous le califat d’Ali.

Dans l’histoire des nations africaines, rares furent les leaders religieux de la majorité comme de l’opposition à parvenir au sommet de l’Etat par la voie des urnes ou celle de la lutte armée. Non pas qu’ils ne le veuillent pas, mais tout simplement parce que les constitutions affirmant avec force la séparation du religieux et du politique, les hommes de dieu se voient d’une certaine manière remis à leurs amours d’origine. S’il y a en Afrique un homme de religion qui a tenté cet exploit, c’est probablement l’abbé Diamakhoune Senghor de la Casamance qui revendiqua toute une vie durant l’indépendance de sa province. Il mourut sans l’avoir obtenue.
Le temps est maintenant loin où des hommes se prenant pour un substitut du prophète, à l’instar d’El Hadj Oumar ou de Samory, par la force des armes achetées aux esclavagistes de la côte atlantique, pouvaient détruire impunément des empires et des royaumes en s’attribuant des titres immérités.
La constitution de février 1992 qui nous sauva du désastre du parti unique constitutionnel fut sans ambages au sujet de la création des partis politiques religieux comme de celle au sein des forces armées et de sécurité. Mais la dérive des démocrates et des républicains d’après Mars 1991, trop pressés de s’enrichir du peuple, donna de l’envie aux religieux de chez nous de sortir du cadre confessionnel et de perturber les équilibres politiques fantoches établis. Le M5 de la lutte contre IBK, qui fit rire un temps, ne fut qu’un regroupement circonstanciel dont l’objectif général était la chute de son régime. D’une somme de diverses cloches mal sonnantes de quelques milliers de mécontents et d’aigris dont beaucoup pendant des années ne jurèrent que par son nom, en raison de la faiblesse du parti d’en face, le RPM qui ne faisait que quémander des postes, des ténors de l’étrange attelage se virent déjà à Koulouba non pour le Mali mais pour eux-mêmes. On en connaît la suite avec l’avènement du CNSP qui vint leur couper l’herbe sous les pieds, les laissant groggy comme des boxeurs à la sortie du K.O. Ses ténors sont les seuls à pouvoir compter aujourd’hui leurs affidés dans le nouveau gouvernement Moctar Ouane.
Un révolutionnaire marxiste-léniniste écrivit quelque part que le soulèvement populaire ou la révolution de son vrai nom, se nourrit du sang de ses propres fils.
L’enthousiaste M5 qui jadis mobilisait les foules des mosquées et des pavés de Bamako semble dans une impasse telle qu’on la devine incapable de se relever. Quant aux partis politiques issus de la mouvance de Mars 1991, ils sont tous en perte de vitesse pour avoir participé à plusieurs gouvernements de la IIIè république et y laissé des plumes. Tout le bénéfice en fut cependant pour ces commis d’un autre âge dont beaucoup avaient des problèmes de condiments ou de loyers à résoudre et qui à la tête des départements ministériels songèrent d’abord à eux-mêmes et à leur fratrie avant le Mali.

Facoh Donki Diarra
(Écrivain, Konibabougou)

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