Goundam, ville martyrisée, ville oubliée …

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Située à, environ, 90 km de Tombouctou, la « Cité des 333 saints », la ville de Goundam est devenue, depuis trois ans, le terrain de jeu des djihadistes ; mais aussi, des bandits de tout poil. Racket, vol de bétail, viol des femmes, pillage des biens…. Sont devenus le lot quotidien des populations.  Chaque jour que Dieu fait, des bandits armés, circulant à bord de véhicules 4X4, s’en prennent aux populations. Au nez et à la barbe des soldats maliens, ou de leurs compagnons d’armes de la Minusma. Qui n’ont que leurs yeux pour constater les dégâts. Considérés comme les jours de foire, les lundis, eux, se suivent et se ressemblent. A l’issue de ces foires hebdomadaires, les véhicules de transport sont stoppés à la sortie de la ville. Et les passagers dépouillés de leurs biens, s’ils ne sont pas fusillés à bout portant. Ou envoyés ad patres d’un coup de couteau dans la gorge. Résultat : les populations ne savent plus à quel saint se vouer. Réclamé à cor et à cri, le renforcement des effectifs de l’armée semble être tombé dans l’oreille d’un sourd. Les discours n’ayant pas été suivis d’actes, les bandits armés poursuivent leurs basses besognes.  En toute impunité.  Situés à la périphérie de la ville, aux abords de la colline de Bankoré surplombant le lac télé, les pâturages sont interdits aux animaux de la ville par les bandits armés. Qui se comportent, désormais, comme sur un territoire conquis. Chaque fois que le bétail se hasarde sur ces pâturages, il est mis en fourrière par ces « criminels tout puissants ». Du moins, jusqu’à ce que les propriétaires de ces animaux daignent délier les cordons de la bourse.  Et comme si tout cela ne suffisait pas, les check-points de l’armée sont, sans cesse, harcelés par ces groupes armés. Le dernier en date, celui du mercredi 18 janvier dernier. Perpétrée, tôt le matin, aux environs de 5 heures, cette attaque a fait trois morts et cinq  blessés.
Aux dernières nouvelles,  deux des trois blessés ont succombé à leurs blessures. Ce qui porte le nombre de morts à cinq. Ville martyrisée, ville oubliée, attend toujours les renforts promis par le gouvernement. Jusqu’à quand encore ? Est-on tenté d’ajouter.
Oumar Babi