Elections couplées en décembre 2017 au Mali : Un test grandeur nature avant le sprint final de 2018 !

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L’organisation des élections communales partielles, locales, régionales et du district de Bamako sur l’ensemble du territoire à la même date est le plus grand défi que le gouvernement du Président Ibrahim Boubacar Kéïta doit relever. Un test grandeur nature avant le sprint final de 2018.

Le Conseil des ministres du 5 octobre dernier a procédé à la convocation du collège électoral à la date du 17 décembre 2017 pour les élections communales partielles, des conseillers de cercle, de région et du district de Bamako. L’organisation de ces élections à la date prévue est le plus grand défi que le gouvernement du Président Ibrahim Boubacar Kéïta doit relever. Il s’agit, sans aucun doute, d’un test grandeur nature avant le sprint final de 2018. Ces élections constituent une sorte de revue des troupes pour le chef de l’Etat et sa majorité afin d’effectuer les derniers réajustements pour l’élection présidentielle de l’année prochaine.

D’ici le 17 décembre, le gouvernement ne dispose d’aucune garantie pouvant rassurer de sa capacité à assurer le retour de l’administration et à restaurer la sécurité dans les zones où les communales du 20 novembre 2016 n’ont pas pu se tenir pour des raisons d’insécurité. Les services de l’administration jouent un rôle central dans les préparatifs des échéances électorales. Il ne s’agit pas de donner les matériels électoraux à quelques agents le jour du scrutin et se promener en brousse. L’évidence est que les agents de l’Etat ont déserté les communes dans lesquelles le vote doit avoir lieu. Si à Kidal, le gouverneur est sur place depuis quelques semaines, force est de constater que les services administratifs sont inexistants. L’Union régionale des travailleurs de Kidal (URTK) pose des conditions pour le retour de ses membres. Selon le Secrétaire général de l’URTK, Mody Samba Touré, « les conditions dans lesquelles les travailleurs ont quitté Kidal sont connues de tous y compris l’Etat malien et la communauté internationale. Camarades, nous ne sommes plus prêts à sacrifier nos vies tant que les conditions sécuritaires ne sont pas réunies. Il est temps que l’Etat s’occupe de ses travailleurs au lieu de les envoyer toujours à l’humiliation. Si le gouvernement s’entête dans son aventure, il assumera une responsabilité historique. Camarades, le retour des travailleurs n’est possible que si les conditions sécuritaires sont réunies, c’est-à-dire le respect de l’accord d’Alger qui consacre le cantonnement, le désarmement, le retour de l’armée nationale à Kidal. Une fois ces conditions réunies, on pourrait envisager de façon progressive le retour des travailleurs».

Difficultés politiques, administratives

Ces derniers temps, les groupes terroristes accentuent leur action au-delà de leur zone de prédilection. En plus de Kidal, les inquiétudes se déplacent au centre du pays aux mains des hommes du prédicateur radical Amadou Kouffa qui se livrent à toute sorte d’exactions sur les populations locales. Depuis un certain temps, ce sont les églises qui sont devenues les cibles de ces groupes dans certaines localités de la région de Ségou. Ce qui est une véritable source d’inquiétudes.

La dernière relecture du code des collectivités par l’Assemblée nationale a provoqué quelques grincements de dents dans les rangs des groupes armés dont certains éléments estiment à tort que les dispositions essentielles de l’accord pour la paix et la réconciliation n’ont pas été prises en compte. Le silence observé par les responsables après la convocation du collège électoral par le gouvernement peut être diversement interprété. Une volteface des responsables des groupes armés n’est pas à exclure.

Des difficultés politico-administratives, on pourrait s’acheminer vers des divergences politiques. Sur le plan politique, la fixation de ces échéances électorales pendant la période traditionnelle de révision de la liste électorale, une opération cruciale avant la présidentielle de 2018, peut provoquer des soupçons de la part de l’opposition politique qui réclame la vérité sur les 900 000 cartes Nina décelées par le Vérificateur Général dans l’un de ses rapports. Les partis politiques de l’opposition avaient même boycotté le cadre de concertation réunissant les présidents des formations politiques et le ministre de l’administration avant d’y revenir. L’ADP Maliba de l’honorable Amadou Thiam demande avec insistance un audit du fichier électoral. Dans les prochains jours, cette formation politique soutenue par le richissime Alou Badra Diallo avec la bénédiction de l’influent dignitaire religieux, le Chérif de Nioro, pourra être suivie par d’autres partis politiques et des organisations de la société civile.

De sérieux doutes planent sur la capacité du gouvernement à tenir ces échéances électorales le même jour de Kayes à Kidal à l’exception des régions de Ménaka et de Taoudéni. Et le pari des élections libres le 17 décembre 2017 est loin d’être gagné.

B. Siby

Source : Le Challenger 

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