Djiguiba Kéita PPR :« La pression française a déjà fait que le gouvernement est revenu sur la décision de la Conférence d’entente nationale de dialoguer avec Iyad et Amadou Kouffa. »

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Djiguiba Kéita, dit PPR, nous a accordé une interview, dimanche dernier. A l’occasion, Il s’est exprimé sur la situation générale du pays, le nouveau gouvernement, la candidature d’IBK à la présidentielle et le dialogue avec Iyad Ag Aghali.

Que pensez-vous du nouveau gouvernement ?

Le gouvernement du 11 avril est un gouvernement normal de l’ère IBK : on reprend les mêmes et on recommence, sans tirer leçon des faiblesses reconnues de tous, sans tenir compte du jugement de l’opinion, en général, de l’opposition en particulier. Ainsi, des Maliens sur qui pèsent de graves soupçons de gestion calamiteuse  des maigres ressources du pays sont nommés, quand d’autres, convaincus d’incompétence notoire sont reconduits ou changent de fauteuil. Malgré tout, à ce gouvernement, je souhaite bonne chance pour le Mali !

Peut-on déjà donner du crédit au Premier ministre, Abdoulaye Idrissa Maiga, après la fin de la grève des syndicats de la santé, la mise en place des autorités intérimaires à Tombouctou et Taoudénit et la fin de la crise de la FEMAFOOT ?

Oui, ces trois événements sont au crédit du nouveau PM, encore qu’il ne faut pas oublier que :
•le PM sortant lui a préparé le terrain  pour accéder aux revendications légitimes des syndicats, seule porte de sortie possible ;
• les autorités intérimaires, aussi prévues qu’elles soient, sont anticonstitutionnelles et en porte-à faux  avec les intérêts de la paix, car la prime à la rébellion, la prime à ceux qui prennent les armes contre la République n’engendrera jamais la paix. On a vu dans ses œuvres, le manitou des autorités intérimaires, Mohamed Ag Erlaf, pour ne pas le nommer, le même qui a fait renaitre de ses cendres une loi caduque pour organiser des « élections » en laissant de côté la nouvelle loi. Cet homme qui n’est jamais très loin de la rébellion, prépare ainsi, par le truchement des autorités intérimaires, le lit de l’hypothétique Azawad. Les Patriotes resteront vigilants face à Ag Erlaf et aux rebelles ! Ses manœuvres ont continué avec les nouveaux groupes armés de Tombouctou et de Taoudenit qui commencent à rentrer dans les rangs, en ayant leurs parts dans le dépeçage du Mali…
•La fin de la crise à la FEMAFOOT est à mettre surtout au crédit du comité de crise. En effet, c’est lui qui s’est mis au travail en forçant les traits pour que les protagonistes se fassent des concessions. C’est lui qui est allé voir les autorités coutumières, les anciennes gloires, des notabilités intéressées au sport, les anciens ministres des sports pour requérir conseils et comportements adéquats à tenir. C’est Sidy Diallo et son équipe qui ont abattu un travail titanesque pendant ces 45 jours pour aboutir à ce qu’on recherchait depuis plus de deux ans. Les acquis du Protocole sont inestimables pour le Mali et constituent un pas certain vers la sortie de crise, en espérant que chacun tienne son engagement :
La levée par le Comité Exécutif de la FEMAFOOT de toutes les sanctions liées à la crise : la suspension de toutes les actions et recours judiciaires tant au plan national qu’international ; la tenue d’une Assemblée Générale au plus tard le 12 juin 2017, à l’effet de la mise en place d’un Comité de normalisation sous la supervision de la FIFA ; la nomination d’un nouveau Secrétaire Général et de son adjoint à la FEMAFOOT au plus tard le vendredi 5 mai 2017.
En tout état de cause, on devra travailler à ce que la FEMAFOOT ne soit pas l’Etat. Cette Fédération ne peut tout attendre de l’Etat et faire tout au-dessus de l’Etat sans rendre de comptes. Comme l’a bien écrit le grand frère Saouti de L’Indépendant, dans son bel éditorial sur la question, il est inadmissible que la FIFA continue à vouloir gérer les fédérations africaines comme elle gère par exemple les fédérations européennes pratiquement indépendantes de leurs Etats. Il y a nécessité que les Etats africains travaillent à parler d’une même voix sur la question, mais c’est plus facile à dire qu’à faire.

Que pensez-vous de la situation générale du pays ?

La situation générale du pays est mauvaise. Quand on le dit, on est traité de « Hassidi ». Ceux  qui critiquent ainsi l’Opposition quand elle peint la situation du pays, je ne sais ce qui est leur réaction quand c’est le ministre nigérien de l’intérieur qui le dit. Cet homme politique nigérien, très averti, Monsieur Bazoum, est en réalité un très grand ami du Mali : il lui dit la vérité.  Et pour lui, la vérité aujourd’hui, c’est que la situation dans la sous région est mauvaise, d’autant plus mauvaise qu’elle s’empire au Mali de jour en jour, le Mali étant le ventre mou dans la gestion de cette crise qui empoisonne notre vie depuis 2012.  Vous conviendrez avec moi que dans cet état de fait, oser parler de révision constitutionnelle est une véritable insulte à notre peuple, surtout qu’il est avéré que les experts maliens commis à produire un projet de constitution ont été mis à l’écart au profit d’une nébuleuse dont le texte est sur le bureau de l’Assemblée Nationale…..
Le rapport général de la Conférence d’entente nationale recommande de dialoguer avec Iyad Ag Aghali comme l’avait préconisé le président du PARENA, Tiéblé Dramé, pensez-vous que c’est la solution à la crise du Nord ?

Parler avec Iyad et Amadou Kouffa : le Parena et son président en ont toujours parlé en terme de prospection. On a estimé que cela ne coûte rien de tenter de leur parler. On n’a pas compris pourquoi on se priverait de tenter de leur parler. Surtout qu’avant nous, on a vu le cas du Nigéria : les mêmes  Occidentaux qui nous mettent la pression pour ne pas dialoguer avec les Djihadistes maliens, ont dit au Nigéria « pas question de dialoguer avec BokoHaram!» Après avoir obtempéré à ces injonctions, le Nigéria s’est assumé en tentant le dialogue avec BokoHaram, c’était hélas trop tard ! Le Mali va –t- il continuer à subir le diktat qui le mène à sa perte ? La pression française a déjà fait que le Gouvernement est revenu sur la décision de la Conférence d’Entente Nationale de dialoguer avec Iyad et Amadou Kouffa. Jusqu’où cela va continuer ?

Le président IBK doit-il présenter sa candidature en 2018 ?

La candidature d’IBK relève de la volonté politique de la majorité présidentielle en général, du RPM en particulier. Or, ce parti a déjà dit, par sa voix la plus autorisée, que l’actuel locataire de Koulouba sera candidat en 2018.

Quelle stratégie doit adopter l’opposition pour être plus forte que la mouvance présidentielle et gagner la présidentielle de 2018 ?

La  stratégie de l’Opposition pour 2018 ? La question est à la réflexion, mais c’est une lapalissade que plus on est uni, plus on est fort.

Quels sont les risques de dispersion, aussi bien au sein de la majorité que de l’opposition ?

Les risques de dispersion, aussi bien au sein de la majorité que de l’opposition ?La multiplicité infantile des candidatures !  Ça discrédite la politique et les hommes politiques.
Propos recueillis
par Baba Dembélé

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