Bah N’Daw, président de la transition : « la situation est grave, mais pas désespérée ! »

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Dans cette seconde interview, qu’il nous a accordée, le week-end dernier, à sa résidence de la Base aérienne, le président de la transition revient, en détails, sur plusieurs sujets de l’actualité brulante. Entre autres, la démission du Premier ministre annoncée par les langues pendues, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale sans sa relecture, le gouvernement de transition qui peine à voir le jour et la colère supposée ou réelle de la CEDEAO face au retard pris dans la mise en œuvre de ses recommandations… Interview imaginaire. Ou presque.

Bonjour Mr le président. Comme prévu, la semaine dernière, nous revoilà ce matin, ici, pour l’entretien hebdomadaire avec vous.

Aw bissimila ! Vous êtes, ici, chez vous ; mais vous ne pouvez ni dire, ni faire ce que vous voulez.

Entendu président. D’abord, comment vous sentez-vous dans vos nouveaux habits de président de la Rue publique ?

Je m’y sens bien, voire très bien. D’ailleurs, qui pourrait dire le contraire ? En tout cas, pas moi, le « champion toutes catégories » des démissionnaires au Mali.

Votre champ ne vous manque-t-il pas ?

Bien sûr ! Au moins, là-bas, personne ne me dira ce qu’il faudra faire ou ne pas faire ; dire ou ne pas dire. C’est pourquoi, souvent, je me demande pourquoi j’ai accepté ce poste de président de la Transition. Mais, vous savez, aucun sacrifice n’est de trop pour ce pays qui m’a tout donné.

Est-ce vrai que jeudi dernier, en milieu d’après-midi, une dispute a éclaté entre le vice-président de la transition et son Premier ministre ?

Les nouvelles vont vite dêh ? Moi, je ne suis pas au courant.

Selon nos informations, c’est vous même qui avez convaincu Moctar Ouane de renoncer à sa démission et, le colonel Assimi Goïta, de mettre un peu d’eau dans son dolo…

Vous voulez manger votre « frontobani » avec ma bouche ou quoi ?

Non président. Nous souhaitons avoir, juste, des réponses aux questions que nos concitoyens se posent, légitimement, d’ailleurs.

Je vous ai répondu, en vous disant que je ne suis pas au courant de cette dispute. Alors, pourquoi insister ?

A quand le gouvernement de transition, qui peine à pointer le bout de son nez ?

Dans les jours à venir, inchallah !

Pourquoi sa mise en place prend autant de temps ?

D’abord, parce que nous n’avons pas encore terminé avec les enquêtes de moralité sur les candidats retenus. Ensuite, nous sommes en train de faire un savant dosage entre les candidats issus de toutes les forces vives de la nation.
Donc, si vous voulez des hommes et des femmes intègres dans le gouvernement de transition, laissez-nous les tamiser. Afin de séparer le bon grain de l’ivraie.

Dans votre discours d’investiture, vous avez dit que le gouvernement de transition appliquera tous les accords signés par le Mali, y compris celui pour la paix et la réconciliation nationale.
Cette déclaration a suscité colère et indignation au sein de l’opinion publique nationale.

Pourquoi ?

Parce que, pour les Maliens, vous auriez dû y ajouter « après sa relecture comme l’a recommandé le Dialogue National Inclusif ».

Je me suis fait mal comprendre. Quand j’ai annoncé que le gouvernement de transition s’attellera à la mise en œuvre des recommandations du Dialogue National Inclusif, la relecture de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale y occupe une place prépondérante.

Mr le président, la mise en œuvre des recommandations de la CEDEAO traine en longueur, au point de susciter la colère de certains, qui contestent même le poste de vice-président, crée à dessein. La situation est très grave.

Je reconnais que la situation est grave ; mais elle n’est pas désespérée. Faites-nous confiance : les défis seront relevés. Avec brio.

Et si les Chefs d’Etat de la CEDEAO décident, à l’issue de leur prochain sommet, d’imposer un embargo total sur le Mali ?

Dis « Astagafouroula » ! « A tou ka bida ! ». Journaliste, ta bouche-là n’est pas encore lotie dêh. Comment peux-tu parler d’embargo total, alors que les effets de l’embargo partiel ont, déjà, blanchi le peu de cheveux noirs qui me restaient ?
Tu sais ce que tu vas faire ? Tu rentres chez toi, tu te brosses les dents avec du savon Barika-Tigui, et tu pries deux rakaas, en suppliant Dieu d’oublier ta question sur l’embargo total.

Donc, à la semaine prochaine alors ?

Inchallah, comme dirait Ladji Bourama.

Propos recueillis par le Mollah Omar/Canarddechaine.com

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