Acquisition de la carte Nina : la magouille à plein nez !

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Depuis l’attribution de la carte NINA (Numéro d’identification National), ayant valeur de carte d’identité, la Direction nationale du RAVEC (Recensement à vocation d’Etat Civil) ne désemplit  pas. Les mauvaises habitudes des commissariats ont suivi la masse.

Pour avoir son passeport biométrique, il faut présenter la carte NINA ou la fiche du RAVEC. Les mauvaises habitudes ayant la vie dure, cette situation a entrainé, dans les mairies et à la Direction nationale du Ravec, l’entrée en action des réseaux mafieux. Pour se faire confectionner sa carte NINA, les usagers sont confrontés à d’énormes difficultés. La procédure mise en place – 400 fiches distribuées par semaine et uniquement le vendredi – obligent certains usagers à dormir sur les lieux pour se faire enrôler. Un véritable labyrinthe administratif auquel Mamadou Ben Coulibaly, confronté, nous explique sa mésaventure.
« Pour récupérer ma carte dont l’enrôlement a été fait en 2013, on me fait tourner en rond pendant des jours, commence-t-il. Ensuite, on me fait comprendre que la carte n’est pas disponible et que ma carte ferait partie du lot des cartes grillées», raconte Mamadou Ben Coulibaly. « Je me suis rendu alors à la Direction Nationale du RAVEC, en urgence, pour  m’enquérir de la fiche Ravec. Mais, c’est le début du vrai calvaire », indique-t-il.
Pour avoir le  ticket de rendez-vous qui permet d’avoir la fameuse fiche Ravec, les usagers, tout âge confondu, se mettent en rang. La pluie, en cette saison, est le dernier de leur souci. Car, distribués seulement le vendredi et à 400 personnes, il est fréquent que l’on vienne annoncer le message tant redouté: « les tickets sont finis ». Alors pour avoir la fiche, certains, dès le jeudi soir, apportent leur natte, sûrs d’avoir le sésame le lendemain.
C’est après plus de trois tentatives, notre interlocuteur, le n°336 du vendredi dernier, ne parvient pas à mettre la main sur ce document. « De retour à la mairie de la Commune I, d’où j’ai entamé la démarche, il  y a un mois, un démarcheur vient me proposer de  » gérer mon problème » contre la somme de 10.000 FCFA», rapporte M. Coulibaly. « C’est là que j’ai compris pourquoi les tickets sont toujours finis. On est au Mali!», conclut-il.
Mamadou TOGOLA