A quoi sert le sommet Afrique-France ?.

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Organisés,  à tour de rôle,  dans les « colonies françaises »,  les sommets Afrique-France s’inscrivent dans la même logique que le très controversé Franc des Colonies Françaises d’Afrique (Franc CFA) : maintenir les pays africains d’obédience francophone sous le joug colonial français.

Jugés désuets par la plupart des pays européens, les sommets Afrique-France profitent, exclusivement,  à la France. Mobilisant des dizaines de Chefs d’Etat et de gouvernement, ils donnent,  à la France,  le  rayonnement qui lui fait défaut.
D’abord, en Europe. Il s’agit pour la France, petit pays comparable aux trois régions du nord du Mali, de montrer à ses partenaires allemand, anglais et américains…. Qu’elle a du monde derrière elle.
Ensuite, qu’elle continue, cinquante ans après les indépendances de gérer le destin de ses « colonies », pardon de ses ex-colonies, théoriquement, indépendants. Colonies ou  Ex-colonies, dont la diplomatie est mise au service de la France par les « Préfets » et « sous-préfets » maintenus à dessein à la tête de nos pays.
Enfin, la France se sert de nos pays pour montrer au monde qu’elle est non seulement la cinquième puissance du monde. Mais une cinquième puissance, qui gère aussi le destin de  plus d’une dizaine de pays africains ; celui de plusieurs  centaine de millions d’âmes. Sans compter leurs ressources minières et agricoles, dont la France dispose. Comme bon lui semble. Un seul exemple : rien qu’avec le pétrole de nos pays, Total, la société française réalise, chaque année, un bénéfice net de près de 15 milliards d’euros par an. Or, la France ne dispose pas d’un seul puits de pétrole sur son sol.
La France a intérêt à revoir sa manière de «  traiter » les Africains. « C’est à eux que nous devons notre prospérité et l’argent, dont nous disposons tous les jours dans nos porte-monnaie », avertissait Jacques Chirac, l’ex-président français, dans une interview diffusée, récemment, par la chaîne panafricaniste « Afrique-Média ».
Ce  27e sommet Afrique-France a lieu dans un contexte difficile pour la France. A une semaine de l’évènement, des marches de protestation sont organisées contre l’usage du Franc des Colonies Françaises d’Afrique (Franc CFA) plus de cinquante ans après les indépendances.
Au Mali, plus particulièrement, le débat se poursuit sur l’abandon de cette monnaie  dans des pays dits souverains. Symbole de la colonisation, le Franc CFA hypothèque le développement de nos pays ; mais aussi, continue de perpétuer la colonisation dans nos pays. En dépit de sa parité, jugée fixe avec l’Euro, le Franc CFA est contesté en Afrique francophone où les populations pressent leur Chef d’Etat de battre, soit leur propre monnaie ; soit d’aller vers une monnaie commune régionale ou sous régionale.  Comme c’est le cas dans les pays membres de la CEDEAO (Communauté Economique  des Etats de l’Afrique de l’Ouest).
Pour barrer la route à ce projet, qui risque de mettre en péril la fragile économie française, l’Elysée finance à coups de milliards  des rébellions en Afrique. Et entretient, à dessein,  un terrorisme, dont l’objectif évident est de déstabiliser nos pays.
Partout en Afrique Centrale et Occidentale, les Chefs d’Etat soupçonnés de vouloir abandonner le Franc CFA sont menacés d’une nouvelle rébellion, créée, financée et armée par la France. Comme c’est le cas, actuellement, au Tchad, au Mali……
La chute brutale de Blaise Compaoré, considéré comme le bras armé de la France en Afrique de l’Ouest, et l’échec retentissant de Mr Lionel Zinsou à la présidentielle béninoise…. Prouvent à suffisance que l’Afrique dite  francophone est décidée  à s’affranchir du joug colonial français. Et à prendre son destin en main.
Ayant, pour la plupart, fait leurs études à Londres, au Canada et aux Etats-Unis d’Amérique, la jeune  génération africaine n’entend plus perpétuer le « système colonial français » dans leurs pays respectifs.
Mais aveuglée par une vision romanesque et rétrograde de l’Afrique, l’Elysée feint de ne rien voir, de ne rien entendre. Mais tôt ou tard, les pays francophones d’Afrique occidentale et centrale finiront par emboiter le pas au Rwanda.
Après avoir coupé les ponts  avec la France, le «  pays de Paul Kagamé »  est devenu, en moins d’une décennie, le  plus envié du continent africain. Et sur tous les plans : politique, économique, social et culturel.
Perpétué dans nos pays, à travers la françafrique, le Franc CFA et le sommet Afrique-France, le néocolonialisme français  porte  en lui  les germes de sa propre mort. Requiem !

Oumar Babi
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