4e congrès du RPM: les coulisses d’un congrès mouvementé

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Le congrès d’un parti au pouvoir est un grand évènement. Le Rassemblement pour le Mali (RPM) a vécu le sien les 22 et 23 octobre derniers au Palais de la Culture. 370 délégués, 57 sections de l’intérieur du pays et 17 sections de l’extérieur et 50 partis politiques étaient invités à ce 4e congrès des Tisserands. Comme dans toute œuvre humaine, des tractations et des couacs, il n’y a en eu. Heureusement que votre palmipède voit et entend mieux que n’importe quel être humain.

Il est 10h, samedi dernier, les retardataires déambulent entre les rangées, à la recherche des rares sièges libres dans la salle Bazoumana Sissoko du Palais de la Culture. Des chansons à la gloire du RPM et du président de la République sont diffusées par les hauts parleurs. Les décibels rendant toute conversation impossible. Deux écrans géants, installés de part et d’autre du présidium, affichent en alternance le logo du RPM et la carte du Mali aux couleurs nationales.
A 10h 30 le Premier ministre et la Première dame font leur entrée. Les membres du présidium sont installés. Au centre se trouve Boulkassoum Haïdara. Le ton est donné avec l’hymne national la cérémonie peut commencer. Deux discours sont au programme. Le bureau national des femmes, également en congrès, discourt par l’entremise de sa présidente Diawara Lady TOURE.
L’inquiétude se lit sur certains visages notamment celui de Mamadou Diarrassouba et Bocary Tréta. Ce dernier sort un mouchoir blanc de sa poche et essuie son visage suant. Pourtant tout se passe bien. Du moins, jusqu’à la dernière phrase du discours de Lady TOURE. Lorsque devant le PM elle s’est crû dans son bon droit de proclamer une minute de silence à l’intention des disparus. Le claquement des doigts du Secrétaire à l’Organisation, l’honorable Diarrassouba lui fait entendre la fausse note. Elle se ressaisit et laisse la lourde tâche au président Haïdara.
Nous passons sous silence les difficultés pour les congressistes d’accéder à l’eau, la nourriture, les couchettes. Puis vint l’heure de la clôture du congrès. Il est 16h quand les un et les autres regagnent leur siège. Les heures passent. Une, deux puis trois heures. La fumée blanche peine à sortir. Les invités de marque disparaissent un par un. De petits groupes de discussion se forment. Des tractations sont en cours, les commentaires vont bon train. «Les nouveaux venus veulent renverser la pirogue avec nous», laissent entendre quelqu’un, autour du cou, une longue écharpe aux couleurs du parti.
L’horloge tourne. Des bruits courent, des indiscrétions font comprendre un bras de fer pour le poste de Secrétaire général. Alors le nouveau président serait retourné voir le président IBK pour départager les candidats à ce poste. A 23h, des invités de marque font leur entrée dans la salle. Quelques ténors du régime  prennent place au présidium. A 23h 30, le président Boulkassoum Haïdara est invité à venir prononcer la dissolution de son bureau.
La commission d’investiture égrène la liste des 81 membres du bureau élu suivra celle de 99 membres du bureau des femmes. Vers 00h 30, le nouveau président est appelé au pupitre pour son discours de clôture du congrès. Pas si vite. Il rejoint sa place, les membres du bureau national des femmes n’ont pas été individuellement présentés au public.
Dans son mot de clôture, Bokary Tréta présente les excuses de son bureau pour les «manquements» qui seront corrigés prochainement. Tout comme les problèmes de frais de transport des délégués de l’extérieur. Des promesses ont été faites, il ne reste plus qu’à espérer que les nombreuses frustrations s’estompent. D’elles-mêmes.

Mamadou TOGOLA