48 heures de grève dans les universités les 29 et 30 juin prochains: Le spectre d’une année blanche plane

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Le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur (Snesup) entame une grève de 48 heures le 29 juin prochain. Il exige la démission du ministre de l’Enseignement Supérieur et celle du Recteur de l’Institut Universitaire de Gestion.  Une situation qui fait planer le spectre d’une année blanche sur certaines universités.

«Partout où le les travailleurs ne sont pas d’accord, le chef dégage». Pour le secrétaire général du Snesup, Dr Abdou Mallé, l’issue du bras de fer qui oppose son organisation, d’une part, au Ministre l’Enseignement Supérieur, Mountaga Tall et d’autre part, au Recteur de l’Institut Universitaire de Gestion (IUG), Samba Diallo, se résume à cette phrase : Le divorce est total. Dans une correspondance du 14 juin dernier, le Comité Exécutif National du SNESUP (CEN-SNESUP) demande au président de la République et au Premier ministre de contraindre à la démission le ministre de l’Enseignement Supérieur et le Recteur de l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako. Pour « incompétence avérée » du ministre et du recteur, pour leur « gestion calamiteuse », de la grève illimité à l’IUG depuis le 08 mars et pour les « propos diffamatoires du ministre Tall, le Secrétaire général du Cen-Snesup, Dr Abdou Mallé demande l’« implication personnelle » du Chef de l’Etat « pour la gestion définitive de la grève».

La pomme de la discorde
A l’origine de la colère du CEN-SNESUP, la gestion des cours du soir à l’IUG. Anciennement, un contrat-type entre le rectorat et les enseignants  répartissait les bénéfices des cours du soir. A sa nomination, le recteur Samba Diallo a résilié ce contrat. Les bénéfices engrangés par les cours du soir sont désormais versés au rectorat. Pour le Comité IUG du SNESUP cette situation est inacceptable. Elle est partie en grève illimitée, en mars dernier.

« Avec l’intervention du ministre Tall à la télé accusant nos collègues de vouloir privatiser les cours du soir nous avons décidé de les soutenir dans leur lutte qui n’a que trop duré », dit Dr Mallé.  Et d’ajouter: « Surtout quand on sait que Samba Diallo gère le rectorat comme sa famille », indique-t-il.  La grève de 48 heures des 23 comités du Snesup, précise-t-il, est un avertissement pour le ministre, après ce sera une grève illimitée.

Le spectre de l’année blanche
«Le spectre d’une année blanche plane sur certaines universités», reconnait le secrétaire général du Syndicat National de l’Enseignement Supérieur. Les enseignants sont des travailleurs pas comme les autres, nous ferons tout pour sauver l’année, quitte à sacrifier les vacances, rassure Dr Mallé.

A l’Université des Lettres et des Sciences Humaines, pourtant, une note technique inquiète les étudiants. Elle indique le réaménagement du calendrier des examens de fin d’année.  Ainsi, les vacances auront lieu du 1er août au 1er octobre 2016 et le reste de l’année universitaire 2015-2016 se déroulera du 03 octobre 2016 au 31 mars 2017, précise la note. Conscients que les résultats des examens de fin d’année prennent 2 à 3 mois avant de paraitre, les étudiants se préparent, déjà, à une année blanche. Certains, les plus résignés peut-être, ont regagné leur famille.

Mamadou TOGOLA