Sommet de Hambourg: le G20 face à l’équation Trump

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Un mois après le sommet du G7 en Sicile, qui a mis en lumière de profonds désaccords entre les Etats-Unis et leurs alliés sur les questions du climat et du commerce, le sommet du G20 à Hambourg s’annonce également très conflictuel. Il ouvre ce vendredi 7 juillet 2017 en présence des principaux chefs d’Etat et de gouvernement du monde.

avec nos envoyées spéciales à Hambourg,Mounia Daoudiet Véronique Rigolet

Ce vendredi à Hambourg, dans ce port du nord de l’Allemagne, les chefs d’Etat et de gouvernement des principales économies de la planète se rencontrent loin de l’agitation qui règne autour de l’évènement entre groupes d’activistes et forces de l’ordre. Plus de huit ans après l’éclatement de la crise financière.

Contexte : l’économie mondiale se porte indéniablement mieux. La croissance est là, même si elle reste fragile. D’importants progrès ont été accomplis dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale. La régulation bancaire a permis de réduire considérablement la menace d’une nouvelle crise d’ampleur.

FMI, Banque mondiale et OMC sont inquiets

Mais l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump a plongé le monde dans l’incertitude. D’abord sur le plan financier, puisque l’administration américaine semble déterminée à détricoter les règlementations mises en place sous l’ère Obama, indifférente aux conséquences.

L’Amérique de M. Trump se veut aussi protectionniste et rejette la mondialisation équilibrée que le G20 cherche à promouvoir. Cette position inquiète même l’OMC, le FMI et la banque mondiale, qui appellent à œuvrer pour renforcer le commerce mondial, rappelant que le bien-être de centaines de millions de personnes en dépend.

Climat : ramener Trump autour de la table

Les dirigeants européens du G20 devraient donc à nouveau, ce vendredi à Hambourg, porter le fer contre Donald Trump. Et parmi eux, le président français Emmanuel Macron, qui entend tout faire pour convaincre son homologue américain de revenir sur son retrait de l’accord international de Paris sur le climat.

Fort du soutien de ses partenaires du G20, qui devraient tous réaffirmer leur engagement sur la question, Emmanuel Macron entend tout faire pour « ramener à la raison » Donald Trump, qui a annoncé son retrait de l’accord de 2015 le mois dernier. Une volonté partagée également par Angela Merkel.

Macron-Merkel, « good cop, bad cop »

La chancelière allemande souligne et fustige « l’isolement des Etats-Unis ». Mais là où elle a adopté une ligne dure, le chef de l’Etat français a décidé d’une stratégie plus en douceur. En clair, ils vont se partager les rôles face à Donald Trump, sur le mode « bon flic, mauvais flic ».

Angela Merkel brandira les mises en garde. Emmanuel Macron jouera l’approche plus diplomatique, comme l’illustre cette invitation du président français à son homologue américain pour le défilé du 14-Juillet à Paris. Invitation acceptée par M. Trump, qui se rendra donc en France dans quelques jours.

Retrait : éviter l’effet « boule de neige »

Tout en renforçant le plan climat français pour les années à venir, M. Macron ne cesse d’appeler ses partenaires, notamment européens, à ne pas rompre avec Washington. Il va également continuer à mobiliser les chefs d’Etat du G20 autour de la mise en action de l’accord de Paris, tâchant de montrer l’exemple.

C’est l’autre volet de sa stratégie : une mobilisation renouvelée pour éviter à tout prix que le retrait des Etats-Unis ne contamine d’autres pays. Cela sera au cœur notamment des entretiens bilatéraux que le président français aura dans ce G20, avec son homologue chinois, mais aussi ceux de Corée du Sud ou d’Argentine. Un sommet des Brics (pays « émergents »: Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) doit se tenir en marge du G20.

Par RFI